Et peut-être c'est ça la vie, sans vouloir employer de grands mots, c'est que l'on fait des choses auxquelles on adhère sans y croire, oui, c'est à peu près ça.
Les enthousiastes commencent à devenir intéressants quand ils sont confrontés à l'échec et que la désillusion les rend humains.
Celui à qui tout réussit est nécessairement superficiel. L'échec est la version moderne du néant.
Sans le suicide la vie serait à mon avis insupportable. On n'a pas besoin de se tuer. On a besoin de savoir qu'on peut se tuer. Cette idée est exaltante. Elle vous permet de supporter tout.
Pour moi, tout type qui ne se suicide pas, il est prostitué, dans un certain sens. Il y a des degrés de prostitution. Mais il est évident que tout acte participe du trottoir.
J'ai écrit pour injurier la vie et pour m'injurier. Résultat ? Je me suis supporté, et j'ai mieux supporté la vie.
Si l'on admet que c'est le diable qui gouverne le monde, tout s'explique. Par contre, si c'est Dieu qui règne, on ne comprend rien.
Dans Faust, le diable est le serviteur de Dieu. Je me demande si ce n'est pas l'inverse. Car si l'on admet que le démon gouverne le monde, tout s'explique. Par contre, si c'est Dieu qui règne, rien n'est explicable.
Pour moi tout ce qui est gain est en même temps une perte. Et ainsi le progrès s'annule lui-même. Chaque fois que l'homme fait un pas en avant il perd quelque chose.