Dans Faust, le diable est le serviteur de Dieu. Je me demande si ce n'est pas l'inverse. Car si l'on admet que le démon gouverne le monde, tout s'explique. Par contre, si c'est Dieu qui règne, rien n'est explicable.

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Rien ne gêne tant la continuité de la réflexion que de ressentir la présence physique du cerveau. C'est là peut-être la raison pourquoi les fous ne pensent que par éclairs.
Il est aisé d'être «profond»: on n'a qu'à se laisser submerger par ses propres tares.
Dans les grandes perplexités, astreins-toi à vivre comme si l'histoire était close et à réagir comme un monstre rongé par la sérénité.
Si on ne s'estime pas investi d'une mission, exister est difficile; agir, impossible.
Tant qu'on vit en deçà du terrible, on trouve des mots pour l'exprimer; dès qu'on le connaît du dedans, on n'en trouve plus aucun.
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Et peut-être c'est ça la vie, sans vouloir employer de grands mots, c'est que l'on fait des choses auxquelles on adhère sans y croire, oui, c'est à peu près ça.
Les enthousiastes commencent à devenir intéressants quand ils sont confrontés à l'échec et que la désillusion les rend humains.
Celui à qui tout réussit est nécessairement superficiel. L'échec est la version moderne du néant.
Sans le suicide la vie serait à mon avis insupportable. On n'a pas besoin de se tuer. On a besoin de savoir qu'on peut se tuer. Cette idée est exaltante. Elle vous permet de supporter tout.
Pour moi, tout type qui ne se suicide pas, il est prostitué, dans un certain sens. Il y a des degrés de prostitution. Mais il est évident que tout acte participe du trottoir.