Œuvre

Entretien Libération - Il écran ce petit. - par Judith PERRIGNON — 16 juin 2000

Je suis le contraire de la mode. J'ai été démodé très tôt
Beaucoup de gens ont débuté avec moi. Je suis leur copain de la télé
Mon père ne voulait que des numéros un, un grand musicien, un intellectuel, un médecin; moi, j'étais totalement déconnecté de la réalité scolaire.
Ma première fêlure, c'est ça, ne pas faire ce dont je rêvais. Je voulais faire comme lui. J'ai essayé de me rapprocher le plus de mon père, du médecin de famille, je suis sûr que le rapport que j'ai avec les gens vient de là.
Je sais bien que j'ai cette image de gentil, frisant la complaisance.
J'ai compris que le vedettariat, c'est bidon. Vous mettez une vache à la télé, c'est la vache la plus célèbre. La plus grande vedette de la télé, c'est la télé; quand on oublie ça, on disjoncte
J'ai compris que le vedettariat, c'est bidon. Vous mettez une vache à la télé, c'est la vache la plus célèbre.
La plus grande vedette de la télé, c'est la télé; quand on oublie ça, on disjoncte
Dire ce qu'on pense, c'est prendre le risque de fâcher la moitié des téléspectateurs.
J'ai voulu avoir la reconnaissance de l'establishment. J'ai fait des émissions très populaires, qui ont fait passer au deuxième plan ma formation du début, journaliste. Les intellectuels m'ont considéré comme le fils de Guy Lux, car ce que je faisais n'intéressait pas les faiseurs d'opinions. Il faut quand même que je leur montre ce que je sais faire. Je ne suis pas qu'un homme à paillettes, j'ai la carte de presse 22177.