Œuvre
Des souris et des hommes (1937)
Y a pas besoin d'avoir de la cervelle pour être un brave type. Des fois, il me semble que c'est même le contraire. Prends un type qu'est vraiment malin, c'est bien rare qu'il soit un bon gars.
A quelques milles au sud de Soledad, la Salinas descend tout contre le flanc de la colline et coule, profonde et verte.
Maintenant, George ne me laissera peut-être pas soigner les lapins quand il saura que tu es mort.
C'est pas une fois que j'ai vu ça, mais mille... Un type qui parle avec un autre, et puis, ça n'a pas d'importance s'il n'entend pas ou s'il ne comprend pas. L'important c'est de parler, ou bien de rester tranquille, sans parler. Peu importe, peu importe.
Vous avez tous peur les uns des autres, c'est pas autre chose. Vous avez tous peur que les autres aient quelque chose à raconter sur votre compte.
Les livres, c'est bon à rien. Ce qu'il faut à un homme, c'est quelqu'un... quelqu'un près de lui.
Y a pas beaucoup de gars qui voyagent ensemble, dit-il d'un ton rêveur. J'sais pas pourquoi. Peut-être que les gens ont peur les uns des autres, dans ce sacré monde.
Les types comme nous, qui travaillent dans les ranches, y a pas plus seul au monde. Ils ont pas de famille. Ils ont pas de chez-soi. Ils ont pas de futur devant eux.
Bon Dieu, tu peux dire que t'es dérangeant, dit George. Si j't'avais pas à mes trousses, j'pourrais me débrouiller si bien, et si facilement. J'pourrais avoir une vie si facile, et avoir une femme, peut-être bien.
J'sais pas pourquoi j'peux pas la garder. Elle n'est à personne, cette souris. J'lai pas volée. J'l'ai trouvée morte sur le bord de la route.
Mais pas nous ! Et pourquoi ? Parce que... Parce que moi, je t'ai toi pour t'occuper de moi, et toi, t'as moi pour m'occuper de toi, et c'est pour ça.