Œuvre
Des jours sans fin (2016)
La mémoire d'un homme contient une centaine de jours, alors qu'il en a vécu des milliers. C'est ainsi. On dispose d'un stock de jours, qu'on dépense comme des ivrognes sans cervelle. C'est pas une critique, juste une constatation.
C’est rare d’avoir du baume au coeur, il faut stocker ces moments pour pas les oublier.
On nous raconte qu'on est des créatures de Dieu supérieures aux animaux, mais tout homme qui a vécu sait que c'est des conneries.
Vivre, c'est pas juste prendre et agir, c'est aussi réfléchir. Mais mon cerveau est fait pour englober le monde.
La vie, c'est qu'une succession de moments difficiles en alternance avec des longues périodes où il se passe rien, à part boire de la chicorée, du whisky et jouer aux cartes. Sans aucune exigence.
Personne apprécie un type qui a une lame à la place de la langue.
Les enfants peuvent paraître héroïques et immenses à leurs propres yeux alors qu'en réalité, ils sont des petits bouts de rien du tout.
La volonté humaine. Il faut lui rendre hommage. Je l'ai souvent vue à l'oeuvre. Elle est pas si rare. Et c'est ce qu'il y a de meilleur en nous autres.
Jouer un rôle, c'est pas que de l'apparence. C'est aussi une magie étrange qui a le pouvoir de changer le destin. À force d'imiter quelque chose, on finit par le devenir.
De toute façon, la mort fait de votre visage celui d'un étranger.
Il faut avoir une bonne dose d’absurde en soi pour s’en sortir dans la vie.
La fierté, c'est le petit déjeuner des imbéciles.
Et allez pas me dire qu'un Irlandais est un modèle de civilisation. C'est peut-être un ange déguisé en diable ou un diable déguisé en ange. Quand on discute avec un Irlandais, on discute en fait avec deux individus.
Sa jeunesse est derrière lui, et maintenant, on dirait un vieillard. C'est un peu comme si on avait un stock de dix visages dans notre vie, et qu'on les enfilait les uns après les autres.
Mais y a pas un soldat qui a pas dans son coeur meurtri un petit bout de tendresse pour son ennemi, c'est comme ça. Peut-être parce qu'on est au même endroit au même moment, et finalement tous victimes du même joueur de bonneteau.
Y a pas un soldat qui a pas dans son coeur meurtri un petit bout de tendresse pour son ennemi, c'est comme ça.
Notre peur s'est consumée dans la chaleur de la bataille et métamorphosée en un courage assassin. On est des vauriens célestes qui viennent voler les pommes dans les vergers de Dieu, sans peur, sans la moindre peur, sans une once de peur.