Y a pas un soldat qui a pas dans son coeur meurtri un petit bout de tendresse pour son ennemi, c'est comme ça.

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On peut être immunisé contre la typhoïde, le tétanos, la variole, la diphtérie, mais jamais contre les souvenirs. Il n'existe pas de vaccin.
Vivre, c'est pas juste prendre et agir, c'est aussi réfléchir. Mais mon cerveau est fait pour englober le monde.
De toute façon, la mort fait de votre visage celui d'un étranger.
Et allez pas me dire qu'un Irlandais est un modèle de civilisation. C'est peut-être un ange déguisé en diable ou un diable déguisé en ange. Quand on discute avec un Irlandais, on discute en fait avec deux individus.
Je suis assez vieille pour savoir que le temps qui passe n'est qu'une ruse, une commodité. Tout est encore là, se déploie toujours, se produit toujours. Le passé, le présent et l'avenir, éternellement dans la caboche, comme les brosses, les peignes et les rubans dans un sac à main.
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La mémoire d'un homme contient une centaine de jours, alors qu'il en a vécu des milliers. C'est ainsi. On dispose d'un stock de jours, qu'on dépense comme des ivrognes sans cervelle. C'est pas une critique, juste une constatation.
C’est rare d’avoir du baume au coeur, il faut stocker ces moments pour pas les oublier.
On nous raconte qu'on est des créatures de Dieu supérieures aux animaux, mais tout homme qui a vécu sait que c'est des conneries.
Vivre, c'est pas juste prendre et agir, c'est aussi réfléchir. Mais mon cerveau est fait pour englober le monde.
La vie, c'est qu'une succession de moments difficiles en alternance avec des longues périodes où il se passe rien, à part boire de la chicorée, du whisky et jouer aux cartes. Sans aucune exigence.