Œuvre
De sang-froid (1965)
Rien de plus habituel que de sentir que les autres ont une part de responsabilité dans nos échecs, tout comme c'est une réaction ordinaire d'oublier ceux qui ont pris part à nos réussites.
Qu'est-ce que la vie ? C'est le scintillement d'une luciole dans la nuit. C'est le souffle d'un buffle en hiver. C'est comme la petite ombre qui traverse les champs et va se perdre dans le coucher du soleil.
L'homme n'est rien, une buée, une ombre absorbée par les ombres.
Il est facile de faire comme si la pluie n'existe pas quand on porte un imperméable.
Si un oiseau transportait chaque grain de sable, grain à grain, de l'autre côté de l'océan, quand il aurait tout amené de l'autre côté, ce ne serait que le début de l'éternité.
Les riches ne sont jamais pendus. Seulement ceux qui sont pauvres et sans amis le sont.
Aussi longtemps que tu vis, il y a toujours quelque chose qui te guette, et même si c'est mauvais, et si tu sais que ça l'est, qu'est-ce que tu peux faire ? Tu peux pas t'arrêter de vivre.
Ces péquenots, ils vont voter la corde aussi vite qu'un cochon vide son auge. Regardez leurs yeux. J'veux bien être pendu si je suis le seul tueur dans la salle d'audience.
L'imagination bien sur, peut ouvrir n'importe quelle porte, tourner la clé et laisser entrer la terreur.
Rien de plus habituel que de sentir que les autres ont une part de responsabilité dans nos échecs, tout comme c'est une réaction ordinaire d'oublier ceux qui ont pris part à nos réussites.
Il y a une hypocrisie considérable dans le formalisme. Toute personne qui pense est consciente de ce paradoxe, mais dans nos rapports avec les gens conventionnels il est avantageux de les traiter comme s'ils n'étaient pas des hypocrites. Ce n'est pas une question de fidélité à tes propres conceptions, c'est une question de compromis afin de pouvoir demeurer un individu sans la menace constante de pressions conventionnelles.
Tous les voisins sont des serpents à sonnettes. Des vermines qui attendent l'occasion de vous claquer la porte au nez. Dans le monde entier, c'est la même chose.
Très bien, tu crois que ce sont des idiots, tu les détestes à cause de leur morale, leur bonheur est la source de ta frustration et de ton ressentiment. Mais ce sont là de terribles ennemis que tu portes en toi, à la longue aussi destructifs que des balles. La balle tue sa victime avec clémence. Cette autre bactérie que l'on laisse vieillir ne tue pas un homme mais laisse dans son sillage la carcasse d'une créature déchirée et pervertie ; il y a encore du feu dans son être mais on l'entretient en y jetant des fagots de mépris et de haine. Il amassera peut-être des richesses, mais il n'amassera pas de réussites, car il est son propre ennemi et il est incapable de jouir vraiment de ses oeuvres.
J'étais aussi libre et aussi sauvage qu'un coyote.
Tu es un être humain doué d'un libre arbitre. Ce qui te place au-dessus du niveau des animaux. Mais si tu traverses la vie sans pitié et sans compassion pour ton semblable, tu es comme un animal .
Tu es un homme extrêmement passionné, un homme affamé qui ne sait trop ce dont il a faim, un homme profondément frustré s'efforçant de projeter son individualité sur un arrière plan de strict conformiste. Tu existes dans un demi-monde suspendu entre deux superstructures:l'une, l'expression de toi-même , l'autre autodestruction. Tu es fort, mais il y a un point faible dans ta force, et, à moins que tu n'apprennes à le maîtriser, le point faible faible deviendra plus fort que ta force et te détruira. Le point faible? une réaction émotive explosive hors de toute proportion avec les circonstances.
Perry et Dick ont été pendus mardi dernier. J'étais là parce qu'ils me l'avaient demandé. Ce fut une épreuve atroce. Dont je ne me remettrai jamais complètement. Je vous en parlerai un jour, si vous pouvez le supporter.
C'est pénible pour vous, et c'est pénible pour eux. Quand il s'agit d'un meurtre, on ne peut pas respecter la douleur. Ni la vie privée. Ni les sentiments personnels. Il faut poser les questions. Et il y en a qui blessent profondément.
L'état d'esprit d'un homme qui prend une assurance sur la vie n'est pas tellement différent de celui d'un homme qui signe son testament : les pensées de morts sont inévitables.