L'amour est une bonne douleur que les hommes supplient les femmes de leur infliger depuis la nuit des temps.
L'amour est comme l'argent, on peut être heureux dans la ruine mais l'opulence ne nuit pas au bonheur.
On ne perd rien à vivre passionnée, à attendre un homme qui vous attend aussi, à échanger avec lui des promesses, des rêves, belle monnaie frappée au coin de ce sentiment décrié par les chevaux de retour des idylles qui ont capoté.
Les pleurs abondants des hommes sont beaucoup plus troublants que leur pauvre semence.
Avoir pour dessein de s'accaparer un seul éclat de la gloire des grands est plus condamnable encore que chez un joaillier gratter en catimini les pierres d'une rivière de diamants pour en dérober des fragments de carat.
Et qu'est la vie, sinon la viande par-dessus l'os qui nous distingue des défunts ?
Pas de simagrées, l'amour n'est pas la vie, une rupture n'est pas l'agonie. C'est tout au plus un tendre rhume, une fluxion, la foulure d'un sentiment dont se passent fort bien ces ethnies à qui chasse et cueillette ne laissent pas un instant de répit.