Or il ne faut pas attacher le savoir à l'âme, il l'y faut incorporer; il ne l'en faut pas arroser, il l'en faut teindre et, s'il ne la change, et améliore son état imparfait, certainement il vaut beaucoup mieux le laisser là.
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Quelle plus grande victoire attendez-vous que d'apprendre à votre ennemi qu'il ne vous peut combattre ?
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À lire aussi de Michel de Montaigne
Nos connaissances ne résistent pas à l'examen, toutes sont douteuses, et celles qui semblent moins incertaines, nous ne les trouvons pas par le raisonnement.
Je hais, entre autres vices, cruellement la cruauté, et par nature et par jugement, comme l'extrême de tous les vices.
Le vice laisse comme un ulcère en la chair, une repentance en l'âme, qui toujours s'égratigne et s'ensanglante elle-même.
Nos raisons et nos discours humains, c'est comme la matière lourde et stérile: la grâce de Dieu en est la forme; c'est elle qui y donne la façon et le prix.
Dans la même œuvre
Quand on me contrarie, on éveille mon attention, non pas ma colère : je m'avance vers celui qui me contredit, qui m'instruit.
Je m'avance vers celui qui me contredit.
De les condamner, par ce qu'ils ont failli, ce serait bêtise, comme dit Platon. Car ce qui est fait, ne se peut défaire : mais c'est afin qu'ils ne faillent plus de même, ou qu'on fuie l'exemple de leur faute.
Tous les jours la sotte contenance d'un autre, m'avertit et m'avise. Ce qui poind touche et éveille mieux, que ce qui plaît.
La sottise est une mauvaise qualité, mais de ne la pouvoir supporter, et s'en dépiter et ronger, comme il m'advient, c'est une autre sorte de maladie, qui ne doit guère à la sottise, en importunité. Et est ce qu'à présent je veux accuser du mien.