Je m'avance vers celui qui me contredit.

À lire aussi de Michel de Montaigne

La plus subtile folie se fait de la plus subtile sagesse.
Il n'est rien que je haïsse comme à marchander. C'est un pur commerce de trichoterie et d'impudence; après une heure de débat et de barguignage, l'un et l'autre abandonne sa parole et ses serments pour cinq sous d'amendement.
L'amitié, c'est une chaleur générale et universelle, tempérée, au demeurant, et égale.
Car il n'est pas dit, que, en temps et lieu, il ne soit permis de nous prévaloir de la sottise de nos ennemis, comme nous faisons de leur lâcheté.
Nous sommes Chrestiens à mesme titre que nous sommes Périgordins ou Alémans.
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Dans la même œuvre

Quand on me contrarie, on éveille mon attention, non pas ma colère : je m'avance vers celui qui me contredit, qui m'instruit.
De les condamner, par ce qu'ils ont failli, ce serait bêtise, comme dit Platon. Car ce qui est fait, ne se peut défaire : mais c'est afin qu'ils ne faillent plus de même, ou qu'on fuie l'exemple de leur faute.
Tous les jours la sotte contenance d'un autre, m'avertit et m'avise. Ce qui poind touche et éveille mieux, que ce qui plaît.
La sottise est une mauvaise qualité, mais de ne la pouvoir supporter, et s'en dépiter et ronger, comme il m'advient, c'est une autre sorte de maladie, qui ne doit guère à la sottise, en importunité. Et est ce qu'à présent je veux accuser du mien.
Quelle plus grande victoire attendez-vous que d'apprendre à votre ennemi qu'il ne vous peut combattre ?