Quand on me contrarie, on éveille mon attention, non pas ma colère : je m'avance vers celui qui me contredit, qui m'instruit.

À lire aussi de Michel de Montaigne

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages: que je sais bien ce que je fuis, mais non pas ce que je cherche.
Je me fie aisément à la foi d'autrui. Mais malaisément le ferais-je lorsque je donnerais à juger l'avoir plutôt fait par désespoir et faute de coeur que par franchise et fiance de sa loyauté.
J'aimerais mieux que mon fils apprît aux tavernes à parler, qu'aux écoles de la parlerie.
Je n'ai point cette erreur commune de juger d'un autre selon que je suis. J'en crois aisément des choses diverses à moi.
Platon disait bien à propos, qu'il appartenait qu'aux médecins de mentir en toute liberté, puisque notre salut dépend de la vanité et fausseté de leurs promesses.
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Dans la même œuvre

Je m'avance vers celui qui me contredit.
De les condamner, par ce qu'ils ont failli, ce serait bêtise, comme dit Platon. Car ce qui est fait, ne se peut défaire : mais c'est afin qu'ils ne faillent plus de même, ou qu'on fuie l'exemple de leur faute.
Tous les jours la sotte contenance d'un autre, m'avertit et m'avise. Ce qui poind touche et éveille mieux, que ce qui plaît.
La sottise est une mauvaise qualité, mais de ne la pouvoir supporter, et s'en dépiter et ronger, comme il m'advient, c'est une autre sorte de maladie, qui ne doit guère à la sottise, en importunité. Et est ce qu'à présent je veux accuser du mien.
Quelle plus grande victoire attendez-vous que d'apprendre à votre ennemi qu'il ne vous peut combattre ?