Que reste-il de tous les livres lus ? Leurs cendres retombent sur le cerveau, un courant d'air les chasse.

À lire aussi de Christian Bobin

Lire pour se cultiver, c'est l'horreur. Lire pour rassembler son âme dans la perspective d'un nouvel élan, c'est la merveille.
On peut s'éprendre d'une femme pour une manière de ramener ses cheveux sur sa nuque, pour la négligence dans sa voix, ou la lumière sur ses mains. Pour une raison aussi simple, on abandonne le tout de sa vie.
Je crois que c'est une infirmité d'époque, une infirmité profonde, une infirmité grave que de se croire supérieur à ce dont on parle.
A sainteté c'est juste de ne pas faire vivre le mal qu'on a en soi.
Le temps, j'en ai toujours eu besoin pour faire ce que j'avais à faire: rien.
Toutes les citations de Christian Bobin →

Dans la même œuvre

J'attends d'un poème qu'il me tranche la gorge et me ressuscite.
Un grand musicien est quelqu'un qui donne après plusieurs années de travail ce que donne le rossignol au premier jet de son chant. Il y aura toujours une pluie pour jouer du clavecin ou un merle pour composer une fugue.
Les livres sont des huttes pour les âmes, des mangeoires pour les oiseaux de l'éternel, des points de résistance. Je tends une main de papier à des êtres invisibles.
J'ai dans la poche un exemplaire des Pensées de Pascal. J'emporte parfois ce livre en cas d'attente, de famine ou de guerre trop longue quelque part.
La beauté est de la digitaline pour le coeur.