Quand on ne peut pas démasquer les gens, on les prend de biais, par les êtres qui leur sont chers.

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J'aime les gares parce qu'elles vivent jour et nuit. Si je ne dors pas, je me sens moins seul.
Pour un peu d'affection, je partagerais ce que je possède : l'argent de ma pension, mon lit. Je serais si délicat avec la personne qui me témoignerait de l'amitié. Jamais je ne la contrarierais. Tous ses désirs seraient les miens. Comme un chien, je la suivrais partout. Elle n'aurait qu'à dire une plaisanterie, je rirais ; on l'attristerait, je pleurerais.
On tient toujours à faire bonne impression sur les gens que l'on ne connaît pas.
Quand le luxe me fait envie, je vais me promener autour de la Madeleine. C'est un quartier riche. Les rues sentent le pavé de bois et le tuyau d'échappement. Le tourbillon qui suit les autobus et les taxis me soufflette la face et les mains. Devant les cafés, les cris que je perçois une seconde semblent sortir d'un porte-voix qui tourne.
Un homme comme moi, qui ne travaille pas, qui ne veut pas travailler, sera toujours détesté. J'étais, dans cette maison d'ouvrier, le fou, qu'au fond, tous auraient voulu être. J'étais celui qui se privait de viande, de cinéma, de laine, pour être libre. J'étais celui qui sans le vouloir, rappelait chaque jour aux gens leur condition misérable.
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Il n'y a rien de plus maladroit que de ne dire la vérité qu'à moitié. Ou on ment, ou on dit la vérité.