J'aime les gares parce qu'elles vivent jour et nuit. Si je ne dors pas, je me sens moins seul.

À lire aussi de Emmanuel Bove

Il n'y a rien de plus maladroit que de ne dire la vérité qu'à moitié. Ou on ment, ou on dit la vérité.
Un tramway vide arriva. Il avait été lavé la nuit. Les ampoules qui l'éclairaient avaient la tristesse des lumières qu'on oublie d'éteindre avant de s'endormir.
Je n'avais pas l'intention de mourir, mais inspirer de la pitié m'a souvent plu. Dès qu'un passant s'approchait, je me cachais la figure dans les mains et reniflais comme quelqu'un qui a pleuré. Les gens, en s'éloignant, se tournaient. La semaine dernière, il s'en est fallu de peu que je ne me fusse jeté à l'eau, pour paraître sincère.
J'avais un mal de tête violent. Je songeai à ma vie triste, sans amis, sans argent. Je ne demandais qu'à aimer, qu'à être comme tout le monde. Ce n'était pourtant pas grand-chose.
Je veux croire qu'un jour je serai heureux, qu'un jour quelqu'un m'aimera. Mais il y a déjà si longtemps que je compte sur l'avenir !
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Vraiment Billard n'avait pas de tact. Si j'avais été marié, je ne l'eusse pas dit. Il devait savoir qu'on ne raconte pas son bonheur à un malheureux.
Elle ne devait pas plaire aux hommes mais tout de même c'était une femme, avec de gros seins et des hanches plus larges que les miennes.
Il en a toujours été ainsi dans ma vie. Personne n'a jamais répondu à mon amour. Je ne demande qu'à aimer, qu'à avoir des amis et je demeure toujours seul. On me fait l'aumône, puis on me fuit. La chance ne m'a vraiment pas favorisé.
Les gens ne croient pas au hasard, surtout dès lors que celui-ci est seul pour vous excuser.
J'aime les mots « espérer » et « avenir » dans le silence de mon cerveau, mais dès que je les prononce, il me semble qu'ils perdent leur sens.