Pourquoi dites-vous « les personnes âgées » ? Vous devriez dire « les vieux ». C'est bien « les vieux ». Ça a le mérite d'être fier. Vous dites bien « les jeunes », non ? Vous ne dites pas « les personnes jeunes » ?

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Il faut lutter. Mot à mot. Pied à pied. Ne rien céder. Pas une syllabe, pas une consonne. Sans le langage, que reste-t-il ?
Personne ne s'en était rendu compte, Jean-Marc avait l'air heureux. De quoi étaient-ils coupables, eux qui vivaient encore, eux qui n'avaient rien vu ?
Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? Un vrai merci. L'expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette. À qui ? Au professeur qui vous a guidé vers les livres ? Au jeune homme qui est intervenu le jour où vous avez été agressé dans la rue ? Au médecin qui vous a sauvé la vie ? À la vie elle-même ?
Marc occupait mon espace. Marc était le temps arrêté, suspendu. Marc était ma douceur, ma plénitude. Marc était là comme une icône, Marc se donnait à voir et à aimer.
Anorexique. Ça commence comme anorak mais ça finit en hic. Dix pour cent en meurent à ce qu'il paraît. Par inadvertance peut-être. Sans s'en rendre compte. De solitude, surement.
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Dans la même œuvre

Vieillir, c'est apprendre à perdre. Perdre ce qui vous a été donné, ce que vous avez gagné, ce que vous avez mérité, ce pour quoi vous vous êtes battu, ce que vous pensiez tenir à jamais. Se réajuster. Se réorganiser. Faire sans. Passer outre. N'avoir plus rien à perdre.
Vieillir, c'est apprendre à perdre. Encaisser, chaque semaine ou presque, un nouveau déficit, une nouvelle altération, un nouveau dommage. Voilà ce que je vois. Et plus rien ne figure dans la colonne des profits.
Vous êtes vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci? Un vrai merci. L'expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette
Je regarde mes vieux, ils ont soixante-dix, quatre-vingts, quatre-vingt-dix ans, ils me racontent des souvenirs lointains, ils me parlent d'époques anciennes, ancestrales, préhistoriques, leurs parents sont morts depuis quinze, vingt, trente ans, mais la douleur de l'enfant qu'ils ont été est toujours là. Intacte. Elle se lit sur leur visage et s'entend dans leur voix, à l'œil nu je la vois battre dans leur corps, dans leurs veines. En circuit fermé.
Pour être vivants. Il faut bien qu'on puisse faire des petites choses tout seuls dans notre coin, des petites choses légèrement interdites, et fermer notre porte quand on a besoin d'être tranquilles.