Paulus aurait pu dire n'importe quoi. Avec cette voix bizarre, il réussissait à entrer en moi sans passer par mon cerveau. C'était comme une vibration, peut-être quelque chose qui ressemblait au langage des baleines.

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Les jeunes sont très fragiles, très sensibles. Ils ont besoin d'énormément d'amour, d'une attention constante. C'est un peu comme les bonsaïs: petits dehors, grands dedans, et inversement. Cette démesure les fragilise considérablement.
En grandissant, on découvre que, pour dire les choses, on dispose de très peu de moyens, il faut mélanger plusieurs mots, comme avec les couleurs, rouge + jaune = orange, mais en beaucoup plus compliqué et, surtout, en beaucoup plus décevant.
Il y a pourtant quelque chose du geste désespéré du joueur de loto entrant chez le buraliste, dans l'élan qui nous pousse à procréer.
Le téléphone sonna. Le tiroir dans lequel il était rangé faisait caisse de résonance, la sonnerie, amplifiée par l'écho, la fit sursauter.
On sait bien que si l'on ne fabrique pas, au fur et à mesure, sa propre vie, personne ne le fera pour nous.
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Oh, on va pas se disputer pour ça. Moi, je suis moche, et toi, t'es con. Tout va très bien. C'est équilibré. C'est normal.