Pardonne-moi, Dora. Peut-être est-ce la fatigue. Des années de lutte, l'angoisse, les mouchards, le bagne... Où trouverais-je la force d'aimer ? Il me reste au moins celle de haïr. Cela vaut mieux que ne rien sentir.

À lire aussi de Albert Camus

Ces pensées qu'on ne dit pas et qui vous mettent au-dessus de toutes choses, dans un air libre et vif.
Bien que je vive maintenant sans le souci du lendemain, donc en privilégié, je ne sais pas posséder. Ce que j'ai, et qui m'est toujours offert sans que je l'aie recherché, je ne puis rien en garder. Moins par prodigalité, il me semble, que par une autre sorte de parcimonie: je suis avare de cette liberté qui disparaît dès que commence l'excès des biens. Le plus grand des luxes n'a jamais cessé de coïncider pour moi avec un certain dénuement.
A partir du moment où elle est reconnue, l'absurdité est une passion, la plus déchirante de toutes.
La meilleure façon de parler de ce qu'on aime est d'en parler légèrement.
Quant au socialisme, en dehors des enseignements, d'ailleurs contradictoires à ses doctrines, qu'il pouvait tirer des révolutions françaises, il était obligé d'en parler au futur, et dans l'abstrait.
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C'est tuer pour rien, parfois, que de ne pas tuer assez.
Ceux qui aiment vraiment la justice n'ont pas droit à l'amour.
Imaginer Dieu sans les prisons. Quelle solitude!
La liberté est un bagne aussi longtemps qu'un seul homme est asservi sur la terre.
Pitié pour les justes!