On vit avec depuis la nuit des temps. Les sautes d'humeur de la terre font partie de nous, c'est nous.

À lire aussi de Louis-Philippe Dalembert

Comme quoi, rien ne sert d'essayer de devancer le temps, qui a son rythme propre. Il finit toujours par nous rattraper.
Le vieil homme lui répondit qu'eux autres, Haïtiens, ne buvaient jamais sans en offrir aux invisibles, c'est à dire les morts, les anges, qu'on appelle aussi mystère ici. Tout ce qui nous dépasse en somme. C'est une façon de rappeler que l'humain n'est pas seul au monde, qu'il est relié à tant d'autres êtres vivants et de choses. Deborah sourit à l'évocation.
Le passé d'un individu, c'est comme son ombre, on le porte toujours avec soi. Parfois il disparaît. Parfois il revient. Des fois, on le cherche, et il ne vient pas. Et un jour, il surgit alors qu'on ne l'attend pas. Pareil à un esprit farceur. Il faut apprendre à vivre avec, à s'en servir au mieux pour avancer.
Quand tu vois ta mère déchirée de douleur, elle qui a longtemps été le pilier du clan familial, courir comme folle, toute dignité bue, derrière la voiture qui t'emporte, tu as beau être un homme, tu n'as qu'une envie, c'est laisser tes larmes se répandre à flots tièdes, lourds d'inquiétude, de tristesse et de rage mêlées.
Tout être humain à son histoire souchée à des mythes, des rituels spécifiques. Il est important de les leur enseigner.
Toutes les citations de Louis-Philippe Dalembert →