On ne savait au juste pourquoi l'on devenait huguenot ou papiste, mais, une fois qu'on avait choisi son espèce, il n'était plus question d'en changer.

À lire aussi de Jean-Christophe Rufin

Il faut rendre à sa terre sa respiration. L'espèce humaine ruisselle sur les continents comme un déluge. Elle recouvre toutes les autres formes de vie
On ne peut montrer à une femme un bel homme qui pleure sans qu'elle pense : allons, je l'aurais mieux aimé, moi.
La vérité n'est pas pour les hommes. Quand même ils prétendent la découvrir ou la préserver, elle ne leur appartient jamais. Ils peuvent être son esclave. Ils la subissent, la répètent, s'en affligent et finalement s'y résignent.
Le cri d'une femme amoureuse laisse toujours aux hommes l'impression qu'en cette matière ils sont d'une grande faiblesse.
La guerre aux pauvres, j'en suis sûre, c'est l'ultime étape de cette aventure magnifique de l'Homme moderne qui a produit autant de destruction que de richesse, et qui, après avoir créé la misère et l'avoir rejetée, s’apprête maintenant à lui faire la guerre.
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Dans la même œuvre

C'était une femme qui, comme lui, semblait avoir bataillé sans répit jusqu'à cet âge de la cinquantaine où le combat cesse d'appeler le combat et met sur le visage une expression de lassitude et de sérénité.
La vérité est que l'homme déchu est souillé d'une proportion variable de péché. Certains sont encore perfectibles mais d'autres sont au-delà du rachat. Ils incarnent le mal, voilà tout.
L'espoir est omnivore : qu'on lui refuse la nourriture qu'il attend et il se contentera d'une autre, pourvu qu'elle l'aide à survivre.
On ne se trompe jamais en conférant à quelqu'un le grade qu'il n'a pas atteint. Celui qui bénéficie de cette erreur est tout prêt à la pardonner, en pensant que le flatteur a simplement un peu d'avance.
Leurs cheveux pouvaient bien grouiller de poux, leurs gencives saigner, leurs ventres crier dans le vide, ils avaient l'éclatante santé des rêveurs.