On n'entend que ça ici: «Bon appétit», « Bonne journée », « Bon week-end », « Bon repos », « Bonnes vacances », jamais « Bon décès ».

À lire aussi de Hervé Guibert

Pendant ces quelques jours, dans ce vide, dans ce temps passé à ne rien faire, sans écrire, sans rien, je croyais qu'il avait volé mon âme, mais il était devenu mon inspiration.
Si les virus qui circulent par le monde entier depuis la mode des charters étaient tous mortels, tu crois bien qu'il n'y aurait plus grand monde sur cette planète.
J'ai cherché un bon angle en posant le caméscope sur son pied, j'ai appuyé sur le bouton rouge, vérifié qu'il y avait bien «record» dans le viseur.
Ce livre qui raconte ma fatigue me la fait oublier, et en même temps chaque phrase arrachée à mon cerveau, menacé par l'intrusion du virus dès que la petite ceinture lymphatique aura cédé, ne me donne que davantage envie de fermer les paupières.
J'entreprends un nouveau livre pour avoir un compagnon, un interlocuteur, quelqu'un avec qui manger et dormir, auprès duquel rêver et cauchemarder, le seul ami présentement tenable.
Toutes les citations de Hervé Guibert →

Dans la même œuvre

Un séjour à l'hôpital, c'est comme un très long voyage en un défilé ininterrompu de gens, de distribution ou de rituels, pour remplir le temps. Il n'y a même plus de nuit.
La chambre d'hôpital est un cocon insidieux qui, petit à petit, rend effrayant l'espace réel de l'extérieur, même le couloir.