La poussée amoureuse correspond toujours à une poussée d'écriture, ou de parole (j'ai envie de parler de lui, de l'évoquer, ça me brûle), je ne sais pas laquelle provoque l'autre.
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La chambre d'hôpital est un cocon insidieux qui, petit à petit, rend effrayant l'espace réel de l'extérieur, même le couloir.
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Mais moi je planais complètement : je savais déjà que chaque année des dizaines de gens curieux, des amoureux, des jeunes filles, des exégètes tarabiscotés et pointilleux feraient le pèlerinage sur l'île d'Elbe pour se recueillir sur ma tombe vide.
Marine me disait avec extase que le docteur Lérisson était un saint, sacrifiant toute vie personnelle, et même sa pauvre épouse qu'elle était bien contente de voir passer à l'as, pour l'exercice de son art.
Comment j'aime Vincent : prêt à m'ouvrir la poitrine pour déposer mon coeur à ses pieds.
J'entreprends un nouveau livre pour avoir un compagnon, un interlocuteur, quelqu'un avec qui manger et dormir, auprès duquel rêver et cauchemarder, le seul ami présentement tenable.
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Un séjour à l'hôpital, c'est comme un très long voyage en un défilé ininterrompu de gens, de distribution ou de rituels, pour remplir le temps. Il n'y a même plus de nuit.
On n'entend que ça ici: «Bon appétit», « Bonne journée », « Bon week-end », « Bon repos », « Bonnes vacances », jamais « Bon décès ».