Pour moi les femmes sont des jihadistes comme les autres.
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On marche vraiment sur la tête. Ou, comme dirait ma grand-mère, qui n'est pas dénuée de sagesse, le monde « ne tourne pas rond ma petite-fille ». « Tous les gens très intelligents qui gouvernement nos vies apportent plus de problèmes que de solutions, je les appelle les fournisseurs de crises ! » a-t-elle coutume de me dire. Sa remarque me fait penser à une maxime de Frédéric Dard : « Le bon sens, c'est ce qui permet d'être écouté quand vous n'êtes pas intelligent » disait avec une ironie cinglante, l'auteur de San-Antonio résumant ainsi la prétendue opposition entre intelligence et bon sens. Une dichotomie qui nous aveugle et nous éloigne du vrai chemin.
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J'aime également Milan Kundera. D'ailleurs j'emprunte l'une de ses expressions. C'est lui qui m'a inspiré le personnage de Lena. Dans une interview, il parle d'une exilée de l'intérieur. C'est ce que nous sommes. On est écartelés entre pragmatisme et humanisme par rapport à ces enfants.
Le Général de Gaulle disait : « Quand nous mourons, nous allons vers la vie. » Je pense que c'est ce qu'a fait Arnaud Beltrame. Il a puisé dans ses valeurs chrétiennes, qui sont aussi des valeurs universelles, pour combattre le terrorisme. Ce n'est pas la fin de la civilisation occidentale, au contraire. Il y a et il y aura des sursauts. Ça doit venir de nous tous, avec nos moyens, certes, mais nous devons former un rempart contre le projet terroriste.
Moi je voulais mettre le doigt sur un impensé dans notre société. Quand on parle du retour de jihadistes majeurs, tout le monde a un avis tranché. Quand on parle du retour de l'enfant il est impossible qu'il n'y ait pas un doute qui les tenaille. SI on ne croit pas en la rédemption de l'enfant on ne croit plus en l'école, on ne croit plus en la France...
Je ne veux pas employer les mots « amalgame », « stigmatisation », car je les déteste. Il faut remettre en cause la manière dont, aujourd'hui en France, l'islam est pratiqué, il faut débattre de sa compatibilité avec les valeurs de la République. Si on souscrit à ce que dit Houellebecq, la sanction tombe. Et après, on fait quoi ? Si l'islam est dangereux, alors changeons de religion. Ce n'est pas possible. Je ne suis pas résignée.
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Le sacré peut nous rassembler, dans ce monde qui ressemble à un archipel. Tant qu'il y aura du respect pour lui, tant que subsistera une révérence pour le mystère de l'âme, tout ne sera pas complètement perdu.
Tant que subsistera une révérence pour le mystère de l'âme, tout ne sera pas complètement perdu.