La France n'est pas multiculturelle et ne peut l'être.
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Le Général de Gaulle disait : « Quand nous mourons, nous allons vers la vie. » Je pense que c'est ce qu'a fait Arnaud Beltrame. Il a puisé dans ses valeurs chrétiennes, qui sont aussi des valeurs universelles, pour combattre le terrorisme. Ce n'est pas la fin de la civilisation occidentale, au contraire. Il y a et il y aura des sursauts. Ça doit venir de nous tous, avec nos moyens, certes, mais nous devons former un rempart contre le projet terroriste.
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À lire aussi de Sonia Mabrouk
Tant que subsistera une révérence pour le mystère de l'âme, tout ne sera pas complètement perdu.
L'enfant de Daech va avoir la possibilité d'une autre vie, pourra tenter de gommer les images noires enfouies dans sa mémoire, aura l'opportunité de reconstruire ce qui a été détruit en lui. Lena veut se persuader qu'il n'est jamais trop tard, que même un garçon ayant défilé et joué avec une kalachnikov peut être arraché au destin tracé par ses bourreaux. Si Zaïm arrive à être sauvé, alors Daech aura définitivement perdu la bataille idéologique... : l'école de la république doit vaincre celle du terrorisme.
Le sacré peut nous rassembler, dans ce monde qui ressemble à un archipel. Tant qu'il y aura du respect pour lui, tant que subsistera une révérence pour le mystère de l'âme, tout ne sera pas complètement perdu.
L'islam inculqué par ma grand-mère, l'éducation que j'ai reçue, tout cela est de moins en moins présent. Mais il n'a pas perdu. Car s'il a perdu, alors la bataille est perdue, et l'on dépose les armes. Il faut, au contraire, poursuivre le combat. En Tunisie, mon pays de naissance, il y a une capacité de résilience, de résistance. On a dit de ce pays qu'il était au bord du gouffre, qu'on dansait sur un volcan. Quand les islamistes gagnaient les élections, on pensait que c'était perdu. Or, à chaque fois, il y avait une petite flamme qui faisait que la situation se retournait. Les femmes ont joué un grand rôle, certes, mais toute la société civile a participé à ce sursaut. Cette nébuleuse qu'on appelle société civile prend ici tout son sens.
Dans la même œuvre
Je suis musulmane mais j'adhère pleinement à la civilisation occidentale.
La fiction permet d'aller plus loin dans les sentiments, dans la contradiction des sentiments.
L'islam inculqué par ma grand-mère, l'éducation que j'ai reçue, tout cela est de moins en moins présent. Mais il n'a pas perdu. Car s'il a perdu, alors la bataille est perdue, et l'on dépose les armes. Il faut, au contraire, poursuivre le combat. En Tunisie, mon pays de naissance, il y a une capacité de résilience, de résistance. On a dit de ce pays qu'il était au bord du gouffre, qu'on dansait sur un volcan. Quand les islamistes gagnaient les élections, on pensait que c'était perdu. Or, à chaque fois, il y avait une petite flamme qui faisait que la situation se retournait. Les femmes ont joué un grand rôle, certes, mais toute la société civile a participé à ce sursaut. Cette nébuleuse qu'on appelle société civile prend ici tout son sens.
Je ne veux pas employer les mots « amalgame », « stigmatisation », car je les déteste. Il faut remettre en cause la manière dont, aujourd'hui en France, l'islam est pratiqué, il faut débattre de sa compatibilité avec les valeurs de la République. Si on souscrit à ce que dit Houellebecq, la sanction tombe. Et après, on fait quoi ? Si l'islam est dangereux, alors changeons de religion. Ce n'est pas possible. Je ne suis pas résignée.
Dans mon livre, Amra, l'ex-djihadiste, dit à la journaliste : « Vos églises sont vides. On en arrivera à les récupérer pour les transformer en mosquées, ces mosquées pas assez nombreuses pour nos pratiquants. ». Elle ajoute : « Nous ferons plein d'enfants qui porteront notre religion avec fierté, comme un étendard. » En résumé, elle dit que la civilisation occidentale est foutue. Pour Houellebecq, Michel Onfray, et d'autres, c'est la fin programmée de la civilisation judéo-chrétienne. Je pense que les valeurs de cette civilisation ne sont pas sa faiblesse, son talon d'Achille, mais sa force