La France n'est pas multiculturelle et ne peut l'être.
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L'enfant de Daech va avoir la possibilité d'une autre vie, pourra tenter de gommer les images noires enfouies dans sa mémoire, aura l'opportunité de reconstruire ce qui a été détruit en lui. Lena veut se persuader qu'il n'est jamais trop tard, que même un garçon ayant défilé et joué avec une kalachnikov peut être arraché au destin tracé par ses bourreaux. Si Zaïm arrive à être sauvé, alors Daech aura définitivement perdu la bataille idéologique... : l'école de la république doit vaincre celle du terrorisme.
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Tu peux aimer quelqu'un d'un amour passionné, tout en étant lucide et même critique. L'amour n'est pas forcément aveugle. C'est mon cas, vis-à-vis de la France. J'aime ce pays et son histoire avec ses grandes figures, mais je connais aussi ses moments moins glorieux.
J'ai été très étonné que les intellectuels ne s'emparent pas davantage de l'exemple d'Arnaud Beltrame qui, par sa foi, sa foi chrétienne, n'ayons pas honte de le dire, son héroïsme, son geste absolu, fait perdurer ces valeurs universelles. Nous avons en commun ces valeurs-là. Moi, je suis musulmane, mais j'adhère pleinement à la civilisation occidentale. Je ne peux donc pas dire qu'elle va mourir.
La fiction permet d'aller plus loin dans les sentiments, dans la contradiction des sentiments.
Le plus important en politique, et singulièrement internationale, est d'avoir une vision et une ligne cohérente. Peux-tu me dire quelles étaient celles de Barack Obama sur cet éternel dossier israélo-palestinien ? Je ne les connais pas ! Il a oscillé entre fatalisme, défaitisme et laisser-faire. Il a fait semblant d'être un médiateur alors qu'il n'a été, durant ses deux mandats, qu'un lointain observateur.
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Les responsables politiques ne l'intéressent pas. Y compris au sommet. A force de couvrir et de parcourir des zones défavorisées, Lena a acquis la conviction que le pouvoir n'est plus depuis longtemps entre leurs mains. Elle a tant de fois touché du doigt leur impuissance dans différentes régions du monde que leur morgue, leur certitude de détenir les clés de l'action lui sont devenues insupportables. Alors que les dirigeants pensent maîtriser le cours des choses, des évènements et du monde, elle les sait dupes d'une cour qui les aveugle.
Je me suis déradicalisée seule... Je ne crois pas aux conneries de centres. On nous enferme comme des malades, des fous. Mais on ne peut pas retirer le mal comme on enlève une tumeur. Déradicaliser, c'est un mot inventé pour rassurer le peuple, pour vous rassurer tous. Histoire de dire : "Ne vous en faites pas, on est en train de les remettre dans le droit chemin !" Du vent. J'ai préféré me soigner moi-même.
Est-ce qu'on peut condamner des enfants aussi vite, sans essayer de les sauver ? Je ne suis pas du tout naïve, je les sais endoctrinés, mais ils ont le droit à une seconde chance. Je veux croire, on doit croire, qu'ils peuvent changer, se racheter, ne pas suivre le destin d'assassins qu'on leur promet, sinon le monde est foutu.