Je me suis déradicalisée seule... Je ne crois pas aux conneries de centres. On nous enferme comme des malades, des fous. Mais on ne peut pas retirer le mal comme on enlève une tumeur. Déradicaliser, c'est un mot inventé pour rassurer le peuple, pour vous rassurer tous. Histoire de dire : "Ne vous en faites pas, on est en train de les remettre dans le droit chemin !" Du vent. J'ai préféré me soigner moi-même.

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Dans mon livre, Amra, l'ex-djihadiste, dit à la journaliste : « Vos églises sont vides. On en arrivera à les récupérer pour les transformer en mosquées, ces mosquées pas assez nombreuses pour nos pratiquants. ». Elle ajoute : « Nous ferons plein d'enfants qui porteront notre religion avec fierté, comme un étendard. » En résumé, elle dit que la civilisation occidentale est foutue. Pour Houellebecq, Michel Onfray, et d'autres, c'est la fin programmée de la civilisation judéo-chrétienne. Je pense que les valeurs de cette civilisation ne sont pas sa faiblesse, son talon d'Achille, mais sa force
Tant que subsistera une révérence pour le mystère de l'âme, tout ne sera pas complètement perdu.
Pour moi les femmes sont des jihadistes comme les autres.
J'ai toujours été frappée par l'incrédulité que manifestent les parents de ces djihadistes lorsqu'ils apprennent les véritables intentions de leur progéniture. Comme s'ils ne pouvaient accepter, ni même imaginer l'impensable. Je me souviens d'un reportage de la télévision tunisienne, où l'on voyait un père, la mine désespérée, s'exprimer sur le départ de son fils.
La France n'est pas multiculturelle et ne peut l'être.
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Dans la même œuvre

Les responsables politiques ne l'intéressent pas. Y compris au sommet. A force de couvrir et de parcourir des zones défavorisées, Lena a acquis la conviction que le pouvoir n'est plus depuis longtemps entre leurs mains. Elle a tant de fois touché du doigt leur impuissance dans différentes régions du monde que leur morgue, leur certitude de détenir les clés de l'action lui sont devenues insupportables. Alors que les dirigeants pensent maîtriser le cours des choses, des évènements et du monde, elle les sait dupes d'une cour qui les aveugle.
L'enfant de Daech va avoir la possibilité d'une autre vie, pourra tenter de gommer les images noires enfouies dans sa mémoire, aura l'opportunité de reconstruire ce qui a été détruit en lui. Lena veut se persuader qu'il n'est jamais trop tard, que même un garçon ayant défilé et joué avec une kalachnikov peut être arraché au destin tracé par ses bourreaux. Si Zaïm arrive à être sauvé, alors Daech aura définitivement perdu la bataille idéologique... : l'école de la république doit vaincre celle du terrorisme.
Est-ce qu'on peut condamner des enfants aussi vite, sans essayer de les sauver ? Je ne suis pas du tout naïve, je les sais endoctrinés, mais ils ont le droit à une seconde chance. Je veux croire, on doit croire, qu'ils peuvent changer, se racheter, ne pas suivre le destin d'assassins qu'on leur promet, sinon le monde est foutu.