J'ai toujours été frappée par l'incrédulité que manifestent les parents de ces djihadistes lorsqu'ils apprennent les véritables intentions de leur progéniture. Comme s'ils ne pouvaient accepter, ni même imaginer l'impensable. Je me souviens d'un reportage de la télévision tunisienne, où l'on voyait un père, la mine désespérée, s'exprimer sur le départ de son fils.
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Tu peux aimer quelqu'un d'un amour passionné, tout en étant lucide et même critique. L'amour n'est pas forcément aveugle. C'est mon cas, vis-à-vis de la France. J'aime ce pays et son histoire avec ses grandes figures, mais je connais aussi ses moments moins glorieux.
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La civilisation chrétienne est forte grâce à ses valeurs. Elle survivra si les valeurs chrétiennes sont défendues et portées haut et fort par les chrétiens en France et ailleurs dans le monde.
Bien que n'ayant pas fait de longues études, ma grand-mère est capable de disserter des heures durant sur les trois guerres puniques contre Rome, la période du protectorat français et l'indépendance sous Bourguiba jusqu'à nos jours. Ses connaissances, apprises sur le tard, m'ont toujours impressionnée. Elle sait tout de la Tunisie, de ses relations avec la France et de la longue histoire entre les deux pays. Je n'ai jamais osé lui demander comment elle avait acquis ce savoir, ne voulant pas raviver la blessure que représente, chez elle, l'abandon de sa scolarité pour la voie « classique » d'un mariage précoce, et la naissance de quatre enfants auxquels elle a consacré toute sa vie.
S'indigner pour le montrer est une maladie contemporaine qui s'affiche de manière obscène sur les réseaux sociaux. Journalistes, philosophes et responsables politiques se sentent désormais obligés de réagir pour réagir. L'indignation est la seule arme qui reste quand la diplomatie a échoué. Elle est devenue l'expression des faibles.
Le sacré peut nous rassembler, dans ce monde qui ressemble à un archipel. Tant qu'il y aura du respect pour lui, tant que subsistera une révérence pour le mystère de l'âme, tout ne sera pas complètement perdu.
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J'ai toujours été frappée par l'incrédulité que manifestent les parents de ces djihadistes lorsqu'ils apprennent les véritables intentions de leur progéniture. Comme s'ils ne pouvaient accepter, ni même imaginer l'impensable. Je me souviens d'un reportage de la télévision tunisienne, où l'on voyait un père, la mine désespérée, s'exprimer sur le départ de son fils.
De la vision de l'islam à la place de la femme, du terrorisme jusqu'à la notion d'identité, toutes les grandes questions contemporaines sont appréhendées à travers le vécu des deux femmes que nous sommes. De deux générations.
Bien que n'ayant pas fait de longues études, ma grand-mère est capable de disserter des heures durant sur les trois guerres puniques contre Rome, la période du protectorat français et l'indépendance sous Bourguiba jusqu'à nos jours. Ses connaissances, apprises sur le tard, m'ont toujours impressionnée. Elle sait tout de la Tunisie, de ses relations avec la France et de la longue histoire entre les deux pays. Je n'ai jamais osé lui demander comment elle avait acquis ce savoir, ne voulant pas raviver la blessure que représente, chez elle, l'abandon de sa scolarité pour la voie « classique » d'un mariage précoce, et la naissance de quatre enfants auxquels elle a consacré toute sa vie.
Encore une fois, il faut rappeler la nécessité impérieuse de protéger la fleur tunisienne. Ce pays peut être le symbole du mariage réussi entre islam et démocratie. Beaucoup d'espoirs reposent sur ses épaules encore fragiles. Encourageons pour cela la séparation nette entre religion et politique. Cette connexion est pernicieuse. La gestion des affaires de la cité n'a rien à voir avec le spirituel. Le salut passera par là. C'est un chemin de crête à imaginer. Tous les enfants de Tunisie, où qu'ils soient, doivent garder en tête cet impératif. Il en va de notre avenir à tous.
S'indigner pour le montrer est une maladie contemporaine qui s'affiche de manière obscène sur les réseaux sociaux. Journalistes, philosophes et responsables politiques se sentent désormais obligés de réagir pour réagir. L'indignation est la seule arme qui reste quand la diplomatie a échoué. Elle est devenue l'expression des faibles.