Le plus important en politique, et singulièrement internationale, est d'avoir une vision et une ligne cohérente. Peux-tu me dire quelles étaient celles de Barack Obama sur cet éternel dossier israélo-palestinien ? Je ne les connais pas ! Il a oscillé entre fatalisme, défaitisme et laisser-faire. Il a fait semblant d'être un médiateur alors qu'il n'a été, durant ses deux mandats, qu'un lointain observateur.
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De la vision de l'islam à la place de la femme, du terrorisme jusqu'à la notion d'identité, toutes les grandes questions contemporaines sont appréhendées à travers le vécu des deux femmes que nous sommes. De deux générations.
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Le Général de Gaulle disait : « Quand nous mourons, nous allons vers la vie. » Je pense que c'est ce qu'a fait Arnaud Beltrame. Il a puisé dans ses valeurs chrétiennes, qui sont aussi des valeurs universelles, pour combattre le terrorisme. Ce n'est pas la fin de la civilisation occidentale, au contraire. Il y a et il y aura des sursauts. Ça doit venir de nous tous, avec nos moyens, certes, mais nous devons former un rempart contre le projet terroriste.
On marche vraiment sur la tête. Ou, comme dirait ma grand-mère, qui n'est pas dénuée de sagesse, le monde « ne tourne pas rond ma petite-fille ». « Tous les gens très intelligents qui gouvernement nos vies apportent plus de problèmes que de solutions, je les appelle les fournisseurs de crises ! » a-t-elle coutume de me dire. Sa remarque me fait penser à une maxime de Frédéric Dard : « Le bon sens, c'est ce qui permet d'être écouté quand vous n'êtes pas intelligent » disait avec une ironie cinglante, l'auteur de San-Antonio résumant ainsi la prétendue opposition entre intelligence et bon sens. Une dichotomie qui nous aveugle et nous éloigne du vrai chemin.
Le sentiment d'appartenance ne se mesure pas au nombre de papiers ni de passeports. Ce n'est pas en supprimant la double nationalité que l'on résoudra le problème, réel, des failles dans notre communauté nationale. C'est un fantasme ! Un fantasme, je te dis !
Dans mon livre, Amra, l'ex-djihadiste, dit à la journaliste : « Vos églises sont vides. On en arrivera à les récupérer pour les transformer en mosquées, ces mosquées pas assez nombreuses pour nos pratiquants. ». Elle ajoute : « Nous ferons plein d'enfants qui porteront notre religion avec fierté, comme un étendard. » En résumé, elle dit que la civilisation occidentale est foutue. Pour Houellebecq, Michel Onfray, et d'autres, c'est la fin programmée de la civilisation judéo-chrétienne. Je pense que les valeurs de cette civilisation ne sont pas sa faiblesse, son talon d'Achille, mais sa force
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J'ai toujours été frappée par l'incrédulité que manifestent les parents de ces djihadistes lorsqu'ils apprennent les véritables intentions de leur progéniture. Comme s'ils ne pouvaient accepter, ni même imaginer l'impensable. Je me souviens d'un reportage de la télévision tunisienne, où l'on voyait un père, la mine désespérée, s'exprimer sur le départ de son fils.
Bien que n'ayant pas fait de longues études, ma grand-mère est capable de disserter des heures durant sur les trois guerres puniques contre Rome, la période du protectorat français et l'indépendance sous Bourguiba jusqu'à nos jours. Ses connaissances, apprises sur le tard, m'ont toujours impressionnée. Elle sait tout de la Tunisie, de ses relations avec la France et de la longue histoire entre les deux pays. Je n'ai jamais osé lui demander comment elle avait acquis ce savoir, ne voulant pas raviver la blessure que représente, chez elle, l'abandon de sa scolarité pour la voie « classique » d'un mariage précoce, et la naissance de quatre enfants auxquels elle a consacré toute sa vie.
Encore une fois, il faut rappeler la nécessité impérieuse de protéger la fleur tunisienne. Ce pays peut être le symbole du mariage réussi entre islam et démocratie. Beaucoup d'espoirs reposent sur ses épaules encore fragiles. Encourageons pour cela la séparation nette entre religion et politique. Cette connexion est pernicieuse. La gestion des affaires de la cité n'a rien à voir avec le spirituel. Le salut passera par là. C'est un chemin de crête à imaginer. Tous les enfants de Tunisie, où qu'ils soient, doivent garder en tête cet impératif. Il en va de notre avenir à tous.
S'indigner pour le montrer est une maladie contemporaine qui s'affiche de manière obscène sur les réseaux sociaux. Journalistes, philosophes et responsables politiques se sentent désormais obligés de réagir pour réagir. L'indignation est la seule arme qui reste quand la diplomatie a échoué. Elle est devenue l'expression des faibles.
Le sentiment d'appartenance ne se mesure pas au nombre de papiers ni de passeports. Ce n'est pas en supprimant la double nationalité que l'on résoudra le problème, réel, des failles dans notre communauté nationale. C'est un fantasme ! Un fantasme, je te dis !