J'aime également Milan Kundera. D'ailleurs j'emprunte l'une de ses expressions. C'est lui qui m'a inspiré le personnage de Lena. Dans une interview, il parle d'une exilée de l'intérieur. C'est ce que nous sommes. On est écartelés entre pragmatisme et humanisme par rapport à ces enfants.

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La civilisation chrétienne est forte grâce à ses valeurs. Elle survivra si les valeurs chrétiennes sont défendues et portées haut et fort par les chrétiens en France et ailleurs dans le monde.
S'indigner pour le montrer est une maladie contemporaine qui s'affiche de manière obscène sur les réseaux sociaux. Journalistes, philosophes et responsables politiques se sentent désormais obligés de réagir pour réagir. L'indignation est la seule arme qui reste quand la diplomatie a échoué. Elle est devenue l'expression des faibles.
Moi je voulais mettre le doigt sur un impensé dans notre société. Quand on parle du retour de jihadistes majeurs, tout le monde a un avis tranché. Quand on parle du retour de l'enfant il est impossible qu'il n'y ait pas un doute qui les tenaille. SI on ne croit pas en la rédemption de l'enfant on ne croit plus en l'école, on ne croit plus en la France...
Est-ce qu'on peut condamner des enfants aussi vite, sans essayer de les sauver ? Je ne suis pas du tout naïve, je les sais endoctrinés, mais ils ont le droit à une seconde chance. Je veux croire, on doit croire, qu'ils peuvent changer, se racheter, ne pas suivre le destin d'assassins qu'on leur promet, sinon le monde est foutu.
Je suis musulmane mais j'adhère pleinement à la civilisation occidentale.
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Je suis musulmane mais j'adhère pleinement à la civilisation occidentale.
La fiction permet d'aller plus loin dans les sentiments, dans la contradiction des sentiments.
L'islam inculqué par ma grand-mère, l'éducation que j'ai reçue, tout cela est de moins en moins présent. Mais il n'a pas perdu. Car s'il a perdu, alors la bataille est perdue, et l'on dépose les armes. Il faut, au contraire, poursuivre le combat. En Tunisie, mon pays de naissance, il y a une capacité de résilience, de résistance. On a dit de ce pays qu'il était au bord du gouffre, qu'on dansait sur un volcan. Quand les islamistes gagnaient les élections, on pensait que c'était perdu. Or, à chaque fois, il y avait une petite flamme qui faisait que la situation se retournait. Les femmes ont joué un grand rôle, certes, mais toute la société civile a participé à ce sursaut. Cette nébuleuse qu'on appelle société civile prend ici tout son sens.
Je ne veux pas employer les mots « amalgame », « stigmatisation », car je les déteste. Il faut remettre en cause la manière dont, aujourd'hui en France, l'islam est pratiqué, il faut débattre de sa compatibilité avec les valeurs de la République. Si on souscrit à ce que dit Houellebecq, la sanction tombe. Et après, on fait quoi ? Si l'islam est dangereux, alors changeons de religion. Ce n'est pas possible. Je ne suis pas résignée.
Dans mon livre, Amra, l'ex-djihadiste, dit à la journaliste : « Vos églises sont vides. On en arrivera à les récupérer pour les transformer en mosquées, ces mosquées pas assez nombreuses pour nos pratiquants. ». Elle ajoute : « Nous ferons plein d'enfants qui porteront notre religion avec fierté, comme un étendard. » En résumé, elle dit que la civilisation occidentale est foutue. Pour Houellebecq, Michel Onfray, et d'autres, c'est la fin programmée de la civilisation judéo-chrétienne. Je pense que les valeurs de cette civilisation ne sont pas sa faiblesse, son talon d'Achille, mais sa force