On est jaloux parce que lorsqu'on aime et qu'on est aimé en retour jamais on ne possède totalement l'objet de notre amour.

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L'amour est une mer agitée de vagues et de vents, qui n'a port ni rivage.
J'ai aimé son regard de havane comme cet aveugle qui cherche à être roi chez les borgnes. J'ai aimé sa beauté à m'en rendre laid. J'ai aimé sa différence jusqu'à ne plus savoir qui j'étais. Ne voulant plus me souvenir, je l'ai aimée absolument, obsédé par le moindre souvenir d'elle.
On ne devrait jamais essayer d'écrire son premier amour : même après l'écriture, il reste invivable.
Une blessure narcissique est toujours une blessure étrangère : affectant seulement notre reflet, tous les remèdes qu'elle nous contraint d'inventer demeurent illusoires.
Je n'existe pas. Si j'existais, je ne pourrais pas me connaître. Si je me connaissais, je ne pourrais pas dire qui je suis. Si je le disais, personne ne pourrait le comprendre.
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Avancer ne signifie pas forcément progresser : où règne le vide, où se tient l'absence, toute distance est infinie. Comme si souvent dans l'extrême malheur – ou l'extrême bonheur – les jours étaient des semaines, les semaines des heures ; minutes, mois et siècles se confondaient dans ce temps sans temps que nous connaissons tous et dont nous pouvons pourtant à peine parler.
Je ne veux pas que mes mots, désormais, soient les esclaves de ton absence. Je ne veux pas que le silence, de nouveau, me contraigne à n'écrire que dans le deuil impossible d'une mort qui ne cesse jamais d'avoir lieu, d'une mort qui ne cesse jamais de mourir – et de ne pas mourir.
On ne possède éternellement que ce qu'on a perdu.
L'amour est une mer agitée de vagues et de vents, qui n'a port ni rivage.
La volonté de ne plus aimer est encore de l'amour et la volonté d'aimer encore ne l'est déjà plus, le désir de ne plus se souvenir appelle encore la mémoire, alors que le désir de se souvenir encore convoque déjà l'oubli.