Oh! le plaisant projet d'un poète ignorant - Qui de tant de héros va choisir Childebrand!

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Chez nos dévots aïeux le théâtre abhorré - Fut longtemps dans la France un plaisir ignoré.
Enfin Malherbe vint, et, le premier en France, - Fit sentir dans les vers une juste cadence, - D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, - Et réduisit la muse aux règles du devoir.
Maudit soit le premier dont la verve insensée - Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée, - Et, donnant à ses mots une étroite prison, - Voulut avec la rime enchaîner la raison.
Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant: - L'esprit rassasié le rejette à l'instant. - Qui ne sçait se borner ne sceut jamais écrire.
Un lecteur sage fuit un vain amusement - Et veut mettre à profit son divertissement.
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On s'ennuie aux exploits d'un conquérant vulgaire.
Il n'est point de serpent ni de monstre odieux, - Qui par l'art imité ne puisse plaire aux yeux, - D'un pinceau délicat l'artifice agréable - Du plus affreux objet fait un objet aimable.
Aux dépens du bon sens gardez de plaisanter.
Mais nous, que la raison à ses règles engage, - Nous voulons qu'avec art l'action se ménage; - Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli - Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.
L'esprit n'est pas ému de ce qu'il ne croit pas.