Mon expulsion du foyer familial m'apparaissait comme un premier pas m'entraînant contre mon gré vers ma propre disparition.

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Aucune plaie ne se soignait auprès d'elle. Ni les leurs ni les miennes. Elle était là et c'était tout, pendant un moment on ferait la route ensemble. Tant que ça nous conviendrait.
De l'extérieur on ne sait rien de ce qui se noue entre les êtres, de ce qui se joue dans un couple. On émet des hypothèses, des jugements hâtifs mais au fond on ne sait rien, c'est beaucoup trop profond, beaucoup trop complexe.
Que savons-nous de ceux qui nous embrassent alors que nous sommes encore des enfants? Rien. Nous les embrassons en retour et c'est tout...
Je n'étais plus d'ici. Et puisqu'il semblait acquis que je ne serais jamais non plus d'ailleurs, j'étais désormais condamné à errer au milieu de nulle part.
Je me sens vide.Tout le temps, je pense à ça. Ce vide à l'intérieur. Je me dis que si je pouvais me sonder en profondeur, m'ouvrir la tête et le coeur et voir dedans, je ne verrais rien. Rien. Du vent, un désert, un champ de glace où rien ne bouge.
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Personne ne sait quand exactement les fissures deviennent des failles, puis se muent en gouffres infranchissables.
Je n'étais plus d'ici. Et puisqu'il semblait acquis que je ne serais jamais non plus d'ailleurs, j'étais désormais condamné à errer au milieu de nulle part.
Avec les années je ne m'arrangeais pas. Au lieu de m'endurcir je devenais de plus en plus sensible.
Au collège, au lycée on parlait d'élargir les cerveaux mais le temps se chargerait bien vite de les réduire au minimum syndical.
Grandissant ici on était de nulle part et de partout à la fois, on était pour toujours excentrés, à l'intérieur et à l'extérieur dans le ciel d'un bout à l'autre du monde, on demeurait sans racines, sans attaches.