Mille choses avancent, neuf cent quatre-vingt dix-huit reculent ; c'est là le progrès.

À lire aussi de Henri-Frédéric Amiel

Si les goûts ne réussissent pas à se mettre à l'unisson, le mécontentement se glisse jusqu'au sein de la fidélité, et la vie à deux est une tolérance, non une allégresse.
Ne demandez pas des oeillets au rosier ni à la pêche le goût de la fraise. Acceptez la lune avec son hémisphère caché. Regardez le mauvais côté de la pomme à acquérir, et mordez le bon de la pomme acquise. Qui ne le sait? mais qui le fait?
Ainsi le coeur craint son bien, et il aime son mal. Il préfère l'amour qui fait souffrir, à l'indifférence qui laisse isolé.
Le nombre fait la loi, mais le bien n'a rien à faire avec le chiffre.
Je vois donc toujours la même loi: la libération croissante de l'individu, l'ascension de l'être vers la vie, vers le bonheur, vers la justice, vers la sagesse.
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Dans la même œuvre

Le mariage doit être une éducation mutuelle et infinie.
Le coeur préfère rester concentré sur son sentiment qu'il réchauffe et protège - son bonheur est méditatif, silencieux -, il s'écoute palpiter, il se déguste religieusement lui-même.
On comprend les femmes comme la langue des oiseaux, d'instinct ou pas du tout.
La foi est trop souvent le contraire de la bonne foi, et l'homme de foi ressemble alors à s'y méprendre, à l'homme sans foi.
Temporiser, c'est l'art de la défense; saisir le moment, l'art de l'attaque.