Bref, comme pour toute oeuvre d'art, on s'arrangera avec la réalité. On déplaça avec soin les pièces à conviction, afin qu'elles racontent l'histoire souhaitée..
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Mais il apparaissait que des dactylos aux administrateurs, des secrétaires aux éditeurs politiques de littératures ruse (dont il faisait partie) et étrangère, peu se souciaient de lire, et encore moins de contrôler la production littéraire. Pour leur rendre justice : la production littéraire soviétique vacillait comme une flamme que l'on soumettait trop souvent au vide d'une cloche renversée.
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À lire aussi de Paul Greveillac
La situation prit un tour politique : pourquoi un piéton devrait-il s'arrêter au rouge, sachant que le rouge est la couleur de la révolution ? Au contraire, ne devrait-il pas plutôt sauter de joie et, plein d'allant et de confiance dans le Grand Timonier, traverser d'un pas sûr ?
Ainsi, un livre acheté sur présentoir dans une gare a-t-il l'espérance de vie de l'attente du train, à laquelle s'ajoute la durée du trajet lui-même. Et pour peu que l'entrée en gare du train ait du retard, ou qu'un inconvénient quelconque s'interpose- suicide, tronc d'arbre, justement, chute sur la voie ferrée-menus événements qu'un lecteur de gare avisé ne manquera pas d'anticiper, l'espérance de vie du roman de gare se trouve même, bien qu'artificiellement , allongée.
Mais pour tenter de s'approprier un sujet, d'y insuffler le -soi-, il faut savoir en parler. Le transcender par le verbe. Et c'est pourquoi il faut maîtriser, dans la peinture traditionnelle chinoise, l'art d'écrire, avant celui de peindre
Dans le village, il n'y avait plus de vieux. Il y avait en revanche beaucoup d'enfants, très jeunes. La famine avait dévoré la base et le sommet de la pyramide des âges. L'avait rabotée jusqu'à en faire une tige de bilboquet.
Dans la même œuvre
Ce dont il avait tâché de se préserver, avec une certaine réussite, pendant plus d'un an, l'avait enfin contaminé : l'angoisse du miroir où l'on ne voit que soi
L'information est un pouvoir . Les états totalitaires, mieux que les autres, l'ont toujours compris
Pour des millions de soviétiques, les années Khrouchtchev devaient rester comme un âge d'or relatif, coincé entre les tenailles terrifiantes et arbitraires du stalinisme et les années de plomb autarciques de Brejnev. Et ce court âge d'or suffit à semer le germe de l'impertinence. À lever une génération de malappris, qui iraient peupler les rangs de la dissidence.