Les moralistes ressemblent aux chimistes. Ils préparent des remèdes pour les autres, et s'en servent rarement.

À lire aussi de Guillaume Charles Antoine Pigault de l Espinoy dit Pigault Lebrun

L'accueil que l'on fait à quelqu'un est rarement l'expression des sentiments qu'il inspire. La voix, le geste, les yeux, la contenance, démentent souvent ce que la bouche a dit.
Les sots admirent les grands ; le philosophe les juge.
Les gens d'esprit ont l'art des détails ; l'homme de génie les dédaigne. Il voit tout en grand, et reste inutile, si les circonstances ne le mettent pas à sa place.
Juger le bien, l'aimer, le faire ; attaquer sans ménagement les vices et les erreurs nuisibles, c'est être philosophe.
L'ingratitude est un vice double, en ce qu'elle dégrade celui qui en est atteint, et qu'elle ferme le coeur de l'homme bienfaisant.
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Dans la même œuvre

Ceux qui disent toujours du bien des femmes, ne les connaissent pas assez. Ceux qui en disent toujours du mal, ne les connaissent pas du tout.
L'abus de la politesse a substitué le mensonge à la vérité. L'abus des sciences a substitué la bagatelle à la profondeur ; celui des arts utiles a substitué le luxe au bien-être.
Les plaisirs font les liaisons ; l'ambition lie les intrigues ; les goûts et l'intérêt forment les sociétés ; la vertu seule resserre les noeuds de l'amitié.
Dire : Un tel est mon ami, et dire vrai, c'est faire à la fois son éloge et celui de son ami. C'est comme si on disait : Un tel et moi sommes vertueux.
Un ami dans la prospérité est un préservatif contre l'ivresse. Dans le malheur, c'est une colonne qui soutient le fardeau qui nous accablerait seuls.