Le temps long n'est pas celui de la politique spectacle qui marche à l'émotion et délaisse la raison.

À lire aussi de Roselyne Bachelot

J’ai quitté la politique, mais je n’ai pas quitté mon rôle de citoyenne, même s’il m’arrive de jeter une petite vanne, notamment sur les épidémiologistes découverts.
Parfois, quand on m'interrogeait sur un retour en politique, je répondais : Non, jamais, sauf pour être ministre de la Culture. Et c'était comme une sorte d'idéal.
Le monde change d’aspect quand on arrive à ne plus considérer les hommes que comme des âmes en route vers leur destinée éternelle.
J’ai le sang-froid des vieilles troupes. Je sais que de telles excitations médiatiques ne durent qu’un moment, même si cette folie passagère n’est pas à la mesure des insultes, injures et moqueries que j’ai subies ces dix dernières années. Mais tout cela n’est pas grave...
j’étais dans l’action, j’ai fait au mieux. J’ai de solides présupposés. Dans une épidémie que par définition on ne connaît pas : il ne peut y avoir qu’une seule stratégie, celle de la protection maximum.
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Dans la même œuvre

Quand j’ai mis un terme à ma carrière politique en mai 2012, je me suis retournée sur soixante-cinq ans d’une existence peu ordinaire. Je quittais alors des fonctions au service de la France et de la République, mais cette histoire – mon histoire – avait commencé bien plus tôt. Une naissance au lendemain de la Libération au sein d’une famille de résistants et de militants, des héros de légende qui débattent autour de la table de la salle à manger, puis, comme dans un film d’aventures, des complots, des assassinats, des braquages, des trahisons... J’ai tout vécu. Il y eut aussi, heureusement, de grands moments de bonheur et d’amitié, des rires, des victoires, des joies rares.
Ma grand-mère me disait : Quand j’étais domestique, on ne me donnait à manger que le cou du poulet. Maintenant, je suis patronne, et j’ai toujours le cou du poulet ! Mais tu sais, finalement, c’est le meilleur...
Le monde change d’aspect quand on arrive à ne plus considérer les hommes que comme des âmes en route vers leur destinée éternelle.
Prononcer des discours, tout cela était fort bon, mais on ne met pas un parti sur pied avec de belles paroles.