Le sens de l'appartenance à ce qui a été et à ce qui reste encore à venir est ce qui distingue l'homme des autres animaux. Cependant affronter l'Histoire, c'est affronter le tragique. C'est pourquoi beaucoup préfèrent regarder ailleurs

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Les pauvres usent de toutes les ruses mais ne se déguisent jamais. Les riches se déguisent généralement jusqu'à leur mort. Un de leurs déguisements les plus fréquents est le Succès. De l'accomplissement, il n'y a souvent rien à montrer si ce n'est un regard de reconnaissance partagé.
Aujourd'hui, ce qui caractérise la tyrannie, quel que soit le pays, c'est qu'elle est sans visage. Il n'y a ni Fürher, ni Staline, ni Cortés. Ses mécanismes varient selon les continents et l'histoire locale, mais son schéma général reste le même, un schéma circulaire.
Protester, c'est refuser d'être réduit à rien et forcé au silence. Au moment même où une protestation a lieu, si elle a lieu, alors il y a une petite victoire. Le moment, bien que passé comme tout moment, acquiert un caractère indélébile. Il passe, mais il a été imprimé. Une protestation n'est pas seulement un sacrifice accompli en vue d'une alternative, d'un futur plus juste ; c'est une rédemption inconséquente du présent. Le problème est comment continuer à vivre avec l'adjectif inconséquent.
Les tyrannies ne sont pas seulement cruelles, elles font de la cruauté un exemple, encourageant ainsi l'aptitude à la cruauté et l'indifférence parmi les tyrannisés.
Le fossé qui sépare pauvres et relativement riches devient abyssal. Les contraintes et les recommandations traditionnelles volent en éclats. Le consumérisme consume tout questionnement. Le passé devient obsolète. En conséquence, les gens perdent leur individualité, leur sens de l'identité, et donc cherchent et trouvent un ennemi de manière à se définir eux-mêmes. L'ennemi – quelle que soit son appartenance religieuse ou ethnique – on le trouve toujours parmi les pauvres. C'est là où le schéma circulaire est vicieux.
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Dans une histoire donnée, certains prennent simplement plus d'espace. Écrire avec une jointure qui saigne. Ce sang souligne certains mots. Chaque histoire raconte un accomplissement, sinon il n'y a pas d'histoire.
Toutes les tyrannies impliquent des cruautés institutionnalisées. Comparer une tyrannie à une autre est alors inutile parce qu'à partir d'un certain point, les douleurs sont incomparables.
Les tyrannies ne sont pas seulement cruelles, elles font de la cruauté un exemple, encourageant ainsi l'aptitude à la cruauté et l'indifférence parmi les tyrannisés.