Si l'on trouve un vaccin, aujourd'hui, on ne pourra pas vacciner tout le monde et il faudra établir des listes de priorités. C'est terrible, mais on vaccinera les personnes importantes, les femmes enceintes, d'abord. Il faudra faire des choix éthiques en amont, et pour les gens ordinaires, attendre d'avoir son ticket, peut-être un mois plus tard.
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Le rapport du graphologue est dispo. Vous pourrez y jeter un œil, mais si vous avez du temps à perdre, lisez plutôt un guide du Routard.
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Le sujet des virus m'a toujours intéressé, mais je voulais l'écrire vraiment à la française. Je ne voulais pas d'une souche volée dans un laboratoire américain, qu'un méchant répandrait parmi la population. Non, ce qui m'intéressait, c'était de savoir ce qui se passerait spécifiquement en France, vraiment heure par heure, si une telle situation venait à arriver. Je voulais comprendre comment naît une pandémie. Je me suis donc rapproché de l'Institut Pasteur, à Lille, près de chez moi. Et le scénario développé alors, c'est exactement ce qui se passe aujourd'hui.
Lucie prit le carton imprimé qu'il lui tendit: Ce txete est là puor que norte cervaeu ne tardiut pas excatenment ce que viot norte oiel. Mias que, infulencé par son aqucis, ilreocnniat globaelmnet les mnots, sans se perocucper de l'odrre des letters.
L'incertitude est notre pire ennemi en termes de microbes. On peut prédire la trajectoire d'un astéroïde, la durée d'une éclipse solaire, or une pandémie est imprévisible. Et complètement invisible. Elle n'abîme les infrastructures, les constructions, contrairement à une guerre. Elle ne s'attaque qu'à ce qui vit.
Je déteste les glaciers, ils régurgitent les cadavres des alpinistes malheureux, les piègent de leurs crevasses, ils témoignent avec une rage millénaire, que la nature est une tueuse d'hommes.
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Les doigts glissaient sur les écrans de téléphone, les regards fuyaient, comme si chacun devait craindre l'autre. Tous ensemble, agglutinés, et pourtant si seuls dans leurs cavernes. Progressivement, les gens s'éloignaient les uns des autres, ne se touchaient plus, ne se parlaient plus, se rapprochaient des machines.
On pouvait modifier des génomes ou inventer des machines toujours plus perfectionnées, mais on ne pouvait rien contre la colère de la nature. L'histoire de notre planète en témoignait, ainsi que celle des espèces qui avaient été balayées au fil des millénaires. Si l'homme allait trop loin, la nature saurait se débarrasser de lui.
Tout ce qui tombait dans la marmite d'Internet y cuisait pour l'éternité.
C'est une image, mais la caverne de Platon, tu te rappelles? On nous montre que ce qu'on veut bien nous montrer. Et si on n'a pas la curiosité d'aller fouiner plus loin, on est prisonniers du système.
Une crue, c'était le résultat d'une nature en colère, d'une force implacable qui tirait, au cœur même de la civilisation, les sonnettes d'alarme. Le monstre sortait de ses gonds et détruisait, noyait, avalait, en réponse à l'inconséquence de l'homme. Une incursion vive, brutale , un hold-up dans le quotidien et l'intimité des gens, plus concrète que la fonte de la calotte glacière.