La moitié de la France est dépressive, ça n'aide pas.
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Le R zéro, le taux de reproduction du virus dans mon roman, est proche de celui du Covid-19. Un taux proche de deux. C'est-à-dire qu'une personne infectée en touche deux, puis quatre, puis huit. Voilà pourquoi, lorsqu' Emmanuel Macron, lors de son premier discours, a annoncé que l'épidémie allait se développer, c'est parce que c'est fondé sur des certitudes scientifiques.
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Il y a une phrase intéressante sur la liberté. L'on ne sait pas ce qu'elle représente, tant qu'on ne l'a pas perdue.
La lumière attire aussi les ombres.
« Où étiez-vous hier et où irez-vous demain ? Google peut vous le dire. » « Hier », parce que chacun était tracé et que le passé appartenait aux machines. « Demain », parce que, en décortiquant les habitudes, les goûts et les comportements, les intelligences artificielles pouvaient anticiper toute action future.
C'était ça qu'il supportait le moins dans les clapiers de banlieue, cet étouffement permanent, ce manque d'oxygène et cette lumière grise qui paraissait tout droit sortie d'un pot d'échappement.
Dans la même œuvre
Le sujet des virus m'a toujours intéressé, mais je voulais l'écrire vraiment à la française. Je ne voulais pas d'une souche volée dans un laboratoire américain, qu'un méchant répandrait parmi la population. Non, ce qui m'intéressait, c'était de savoir ce qui se passerait spécifiquement en France, vraiment heure par heure, si une telle situation venait à arriver. Je voulais comprendre comment naît une pandémie. Je me suis donc rapproché de l'Institut Pasteur, à Lille, près de chez moi. Et le scénario développé alors, c'est exactement ce qui se passe aujourd'hui.
C'est un choix qu'il faut faire quand on veut écrire une fiction sur un virus. On se dit, quel virus ou bactérie choisir ? Et on penche d'abord pour Ebola, ou pour des maladies vraiment spectaculaires. Mais en discutant avec les chercheurs, il m'est venu qu'il fallait trouver quelque chose de plus pernicieux, qui se propage très vite mais sans tuer forcément les gens. C'est pour ça que j'ai choisi une grippe, avec une souche inconnue, et qui ressemble vraiment au Covid-19. Parce qu'il y a ce délai d'incubation extrêmement long qui fait que le virus peut se cacher dans l'organisme et, avec un taux de propagation très important, qu'il puisse se répandre considérablement parmi la population sans que le sujet soit au courant qu'il est infecté…
Ce ce qui fait vraiment peur aux scientifiques, la première chose qu'ils m'ont dite, lorsque j'ai commencé à travailler avec eux, c'est la panique que le virus va nécessairement créer parmi la population. Or la grippe fait vraiment paniquer. Elle déclenche instantanément tous les plans qui sont préétablis par les spécialistes.
Mes chercheurs, dans le livre, je les ai appelés le « GIGN des microbes ». Et c'est ce qui se passe véritablement. Il y a des équipes qui veillent et, dès qu'un cas s'annonce, ils se rendent chez les gens, rencontrent leurs contacts, les isolent. Comme ce que l'on a vécu au début de l'épidémie du coronavirus, avec la recherche du patient zéro.
Si l'on trouve un vaccin, aujourd'hui, on ne pourra pas vacciner tout le monde et il faudra établir des listes de priorités. C'est terrible, mais on vaccinera les personnes importantes, les femmes enceintes, d'abord. Il faudra faire des choix éthiques en amont, et pour les gens ordinaires, attendre d'avoir son ticket, peut-être un mois plus tard.