Si un contemplatif se jette à l'eau, il n'essaiera pas de nager, mais de comprendre l'eau et il se noiera.
❧
Le Jabiru ne mange pas le poisson qui se débat. Il l'ingurgite mort. Il le saisit donc et referme son bec sur lui, sur la tête, sur le corps, le lance, le rattrape, le relance, le rattrape jusqu'à ce que mort s'ensuive.
◆
À lire aussi de Henri Michaux
Autrefois, j'avais le respect de la nature. Je me mettais devant les choses et les paysages et je les laissais faire. Fini, maintenant J'INTERVIENDRAI.
L'Hindou du Sud, de race dravidienne, petit, vif, colérique, ne correspond plus en rien à la conception que l'Européen a de l'Hindou.
Gardons-nous de suivre la pensée d'un auteur, regardons plutôt ce qu'il a derrière la tête.
Le matin, quand on est abeille, pas d'histoires, faut aller butiner.
Dans la même œuvre
Le tamoul est une langue agglutinante. On soude tout ce qu'on peut. De trois mots, un seul.
Mais le philosophe d'une nation de boutiquiers est plus profondément boutiquier que philosophe, comme un chien de chasse n'est pas tellement chien de chasse qu'il n'est chien.
Les jeunes ne s'occupent que de l'Amérique et de la Russie. Les autres sont des pays pour voyages d'agrément, des pays sans credo.
L'apologue arabe est tellement déblayé, qu'il n'a plus rien, qu'une espèce de tension, un mot juste, une situation lapidaire.
L'Hindou du Sud, de race dravidienne, petit, vif, colérique, ne correspond plus en rien à la conception que l'Européen a de l'Hindou.