Œuvre

Tranches de savoir (1950)

Comme on détesterait moins les hommes s'ils ne portaient pas tous figure!
Le désert n'ayant pas donné de concurrent au sable, grande est la paix du désert.
En pays jeune, les lendemains vendent des surlendemains.
L'enseignement de l'araignée n'est pas pour la mouche.
Faites pondre le coq, la poule parlera.
Il n'y a pas de preuve que la puce, qui vit sur la souris, craigne le chat.
Les jeunes consciences ont le plumage raide et le vol bruyant.
Le matin, quand on est abeille, pas d'histoires, faut aller butiner.
Mendiant, mais gouverneur d'une gamelle.
Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
On crie pour taire ce qui crie.
Qui a rejeté son démon nous importune avec ses anges.
Qui a ses aises dans le vice, trouvera agitation dans la vertu.
Qui laisse une trace, laisse une plaie.
Qui sait raser le rasoir saura effacer la gomme.
Le sage trouve l'édredon dans la dalle.
Tout ce qui mûrit s'emplit de brigands.
Ne faites pas le fier. Respirer, c'est déjà être consentant. D'autres concessions suivront, toutes emmanchées l'une dans l'autre.
On crie pour taire ce qui crie. Le montreur de girafes cache un nain. Le montreur d'ours cache un chauve.
Aidons les vaches à ruminer, dit le bienveillant, posant sa fourchette un instant.