La phrase de l'universitaire Hubert Gerbeau, « L'histoire de l'esclavage est une histoire sans archive », est tellement juste.
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Le dictionnaire rappelle que le souvenir est également un objet : un cadeau, un présent. Avec de tels rapprochements, les psychanalystes peuvent se régaler. Le souvenir, un cadeau ? Pas toujours. Un présent ? On croyait qu'il n'évoquait que le passé...
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Aujourd’hui, j’ai atteint le demi-siècle et je cours toujours après ces souvenirs qui s’éloignent à toute vitesse. Il paraît que la mémoire est un muscle qu’il faut faire travailler. C’est à cette gymnastique littéraire que je vous convie.
Ce qu’on ne se dit pas n’est-il pas aussi important que les mots échangés ?
Une fois que les hommes ont obtenu ce qu'ils désirent, ils s'empressent d'oublier celui qui les a aidés.
Je me dis aussi qu'il n'y a pas beaucoup de différences entre une vie consacrée à une cause et une vie sacrifiée.
Dans la même œuvre
Dans L’Étranger, il y a une phrase qui m'a beaucoup marqué. Comme par hasard, elle fait référence aux souvenirs. Dans la deuxième partie du roman, celle où Meursault est emprisonné et attend son jugement, il dit ceci : « J'ai fini par ne plus m'ennuyer du tout à partir de l'instant où j'ai appris à me souvenir.» En gros, il expliquait qu'on pouvait vivre de souvenirs et que - en grossissant e trait- la prison m'empêche pas de vivre.
De mes souvenirs d’enfance, je ne garde qu’un arbre penché sur une rivière. La fraîcheur de l’eau, le soleil l’après-midi, les noyaux d'abricots, et c’est tout.
De mes souvenirs d’enfance, je ne garde qu’un arbre penché sur une rivière. La fraîcheur de l’eau, le soleil l’après-midi, les noyaux d'abricots, et c’est tout. Oubliés les prénoms de mes amis. Les noms de famille de mes voisins. Les parfums et les jeux. La faute à un choc : à neuf ans et demi, je quittais un pays pour un autre. Deux ou trois heures de voyage, ça peut vous tuer une mémoire, et faire sauter les plus beaux souvenirs : ceux de l’enfance insouciante.
Aujourd’hui, j’ai atteint le demi-siècle et je cours toujours après ces souvenirs qui s’éloignent à toute vitesse. Il paraît que la mémoire est un muscle qu’il faut faire travailler. C’est à cette gymnastique littéraire que je vous convie.
Plus un pays est libre, plus il possède d'archives. Pourquoi ? Parce qu'un pays libre n'a pas peur de son passé. Regardez ce qu'il se passe dans les pays dictatoriaux : on efface le passé, on efface même des hommes sur les photos.