Je tentais partout de masquer un sentiment d’absence. Une décennie à faire semblant, semblant de travailler, d’avoir une vie sociale, de vivre.
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Le casino est un mouroir où des vieillardes échangent leur retraite contre des jetons d'écoliers.
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À lire aussi de Hélène Frappat
Londres est une ville d'aquarelle. La pluie délave les couleurs comme l'eau celles du pinceau.
Un rêve c'est quand ça reste dans la tête. Un cauchemar c'est quand ça rentre dans la maison.
L'averse cinglait le fleuve, pénétrait sa peau, modifiait sa couleur sa température, ses courants. L'odeur jaune s'était dissoute dans l'air gris. En surface du fleuve la pluie oblique produisait un halo phosphorescent. Autour d'eux les arbres flous avaient pris la teinte bleutée de végétaux aquatiques dont le vent, en leur imprimant des torsions révelait les tourments.
Pourtant qui a goûté au poison ambigu et douceâtre de la nostalgie sait qu’elle ne nous lâche pas, déplaçant seulement la vague malaise, la jubilation secrète qui l’accompagnent, vers un autre objet, une autre vie, une autre ville.
Dans la même œuvre
Le casino est un mouroir où des vieillardes échangent leur retraite contre des jetons d'écoliers. A travers les fentes des machines, elles balancent des années de travail triste, comme on jette aux ordures des cartons de souvenirs encombrants.
Un rêve c'est quand ça reste dans la tête. Un cauchemar c'est quand ça rentre dans la maison.
Londres est une ville d'aquarelle. La pluie délave les couleurs comme l'eau celles du pinceau.
Je tentais partout de masquer un sentiment d’absence. Une décennie à faire semblant, semblant de travailler, d’avoir une vie sociale, de vivre.