« L'histoire officielle », dit Simone Weil, « consiste croire les meurtriers sur parole. »

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Après tout, la meilleure façon de parler de ce qu'on aime est d'en parler légèrement.
Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile: «Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués.» Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.
On veut gagner de l'argent pour vivre heureux et tout l'effort et le meilleur d'une vie se concentrent pour le gain de cet argent. Le bonheur est oublié, le moyen pris pour la fin.
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile.
Tout s'oublie, même les grands amours. C'est ce qu'il y a de triste et d'exaltant à la fois dans la vie. C'est pour ça qu'il est bon quand même d'avoir eu un grand amour, une passion malheureuse dans sa vie. ça fait au moins un alibi pour les désespoirs sans raison dont nous sommes accablés.
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L'Enracinement contient plusieurs des clefs qui permettent de comprendre Simone Weil. Mais ce livre, un des plus importants, à mon sens, qui ait paru depuis la guerre, jette aussi une lumière puissante sur l'abandon où se débat l'Europe. Et il fallait peut-être la défaite, l'hébétude qui l'a suivie et la méditation taciturne que tout un peuple a poursuivie dans les années obscures, pour que des idées aussi inopportunes, des jugements qui renversent tant d'idées reçues, qui ignorent tant de préjugés, puissent trouver enfin chez nous leur exact retentissement. « L'histoire officielle, dit Simone Weil, consiste croire les meurtriers sur parole et plus loin: «Qui peut admirer Alexandre de toute son âme, s'il n'a l'âme basse ? »