Laissons venir les choses au lieu d'aller les chercher, souvent elles ne sont pas là où nous croyons.

À lire aussi de Mohammed Moulessehoul, dit Yasmina Khadra

Je voudrais tant de choses futiles et laides, tant d'invisibilité aussi, tant d'océans entre moi et le charnier qui gangrène le sol sous mes pieds, mais mes exigences ne sont que l'expression de mon refus de regarder la réalité en face : les hommes sont ce que la nature a engendré de pire et de meilleur ; les uns meurent pour un idéal, d'autres pour des prunes ; certains périssent de leur générosité, d'autres de leur ingratitude ; ils s'entredéchirent pour les mêmes raisons, chacun dans son camp, et dans cette ignoble mise en scène, l'ironie du sort joue aux bons auspices jusqu'à réconcilier, dans une même fosse putride, l'éclairé et l'enténébré, le vertueux et le pervers, le martyr et le tortionnaire rendus à la mort éternelle comme des siamois au ventre de leur mère.
Il n'y a rien de grave dans la vie, sauf le tort que l'on commet.
Si la rose savait que sa grâce et sa beauté la conduisent droit dans un vase, elle serait la première à trancher la gorge avec sa propre épine. Mais elle l'ignore, et c'est dans cette poche d'ombre qu'elle puise la sève de sa propre survivance.
Ici, t'es aussi Dieu le Père. Tu fais ce que bon te semble. T'as raison, t'as tort, c'est pas important. Tu fais avec, tu fais sans, c'est pas important, non plus. Tu existes, et ça n'a pas de prix.
Quand on a choisi un chemin, aussi compliqué soit-il, on le poursuit jusqu'au bout. Sinon, on ne saura jamais ce qu'il nous promet.
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Celui qui ne voit l'Afrique qu'une seule fois dans sa vie mourra borgne.
Il n'y a rien de grave dans la vie, sauf le tort que l'on commet.
Si vivre se limitait à exister pour soi, qu'aurais-je de plus que les arbres qui se dénudent en hiver et se couvrent au printemps tandis que je fais l'inverse?
Pour qu'un coeur continue de battre la mesure des défis, il lui faut pomper dans l'échec la sève de sa survivance.
La vie est une succession d'ambiguïtés et de bravades. On y apprend tous les jours, et tous les jours on efface son ardoise pour un nouvel exercice.