On ne peut effectivement pas raconter l'usine. C`est elle l`héroïne de l'histoire, c'est un personnage à part entière qui a imposé son rythme à la forme du roman. Je ne suis pas de taille à lutter avec ses machines, ses chefs, ses bruits et ses cadences, aussi ai-je dû la prendre de biais, par la bande, en douce, dans le secret de la fatigue et de mon écriture pour tâcher de raconter un peu de ma vérité d'ouvrier.
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La vraie et seule liberté est intérieure - Usine tu n’auras pas mon âme
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Le capitalisme triomphant a bien compris que pour exploiter au mieux l'ouvrier - \r\nIl faut l'accommoder - \r\nJuste un peu - \r\nÀ la guerre comme à la guerre - \r\nRepose-toi trente minutes - \r\nPetit citron - \r\nTu as encore quelque jus que je vais pressurer.
L’usine m’a révélé à moi-même, je me suis découvert une perfection plus grande physiquement -j’ai pris des muscles que je ne connaissais pas- et une force morale inattendue. L’usine a été pour moi la fin de ma psychanalyse parce que, quand se retrouve pendant huit heures à faire la même tache, on a le temps de réfléchir sur soi. Elle m’a permis de découvrir ma propre vérité.
Je ne dois rien à l'usine pas plus qu'à l'analyse - \r\nje le dois à l'amour - \r\nJe le dois à la force - \r\nJe le dois à la vie.
« Omnia vincit amor » disait déjà Virgile dans ses Bucoliques. L'amour triomphe de tout. J'ai tout quitté par amour pour me marier en Bretagne. Je n'ai pas trouvé de travail. J'ai poussé la porte des agences d'intérim et ça a commencé comme ça...
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L'autre jour à la pause j'entends une ouvrière dire à un de ses collègues Tu te rends compte aujourd'hui c'est tellement speed que j'ai même pas le temps de chanter » Je crois que c'est une des phrases les plus belles les plus vraies et les plus dures qui aient jamais été dites sur la condition ouvrière.
J'écris comme je pense sur ma ligne de production divaguant dans mes pensées seul déterminé
À l'usine on chante - \r\nPutain qu'on chante - \r\nOn fredonne dans sa tête - \r\nOn hurle à tue-tête couvert par le bruit des machines - \r\nOn sifflote le même air entêtant pendant deux heures - \r\nOn a dans le crâne la même chanson débile entendue à la radio le matin - \r\nC'est le plus beau passe-temps qui soit - \r\nEt ça aide à tenir le coup.
Le capitalisme triomphant a bien compris que pour exploiter au mieux l'ouvrier - \r\nIl faut l'accommoder - \r\nJuste un peu - \r\nÀ la guerre comme à la guerre - \r\nRepose-toi trente minutes - \r\nPetit citron - \r\nTu as encore quelque jus que je vais pressurer.
Je pense au fameux vers de Shakespeare où le monde est une scène dont nous ne sommes que les mauvais acteurs.