La seule crainte, si l’on est en bonne santé, est celle de la faiblesse intellectuelle. Or je me sens en pleine capacité. Plus riche même, de l’expérience.

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Notre numéro de Sécurité sociale commence par le chiffre 2. Celui des hommes par le chiffre 1. Ce n’est évidemment pas un hasard. Nous restons reléguées au second rang, inessentielles derrière les essentiels.
Quand on a ce minimum de philosophie qui est de savoir que la vie a un cours et une fin, on peut envisager la peur de la vieillesse. Moi, je vais avoir 84 ans. La seule crainte, si l'on est en bonne santé, est celle de la faiblesse intellectuelle.
Mes rapports avec l'Éternel tout puissant sentirent très vite le contentieux.
Ce n’est pas si désagréable de vieillir si l’on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c’est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
Qui pourrait affirmer que nos sociétés sont désormais égalitaires ? Que la question est réglée, que les femmes jouissent d’un statut équivalant à celui des hommes, qu’elles ne sont pas sous-sujets, sous-citoyennes, sous-représentées dans les instances décisionnelles ? Avez-vous vu les photos de la table des négociations sur les retraites à Matignon ? Ou celles des discussions de paix sur la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan ? Des hommes, des hommes, des hommes. En 2020. C’est consternant.
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La seule crainte, si l’on est en bonne santé, est celle de la faiblesse intellectuelle. Or je me sens en pleine capacité. Plus riche même, de l’expérience. Bien sûr, il y a certaines limites. Autrefois, pour un procès d’assises, comme celui de Bobigny, je pouvais travailler une nuit entière sur un dossier, me doucher, prendre un café et aller plaider. Aujourd’hui, je ne pourrais pas aller au-delà d’une heure du matin. Mais c’est assez minime. Ce n’est pas si désagréable de vieillir si l’on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c’est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
Autrefois, pour un procès d’assises, comme celui de Bobigny, je pouvais travailler une nuit entière sur un dossier, me doucher, prendre un café et aller plaider. Aujourd’hui, je ne pourrais pas aller au-delà d’une heure du matin. Mais c’est assez minime.
Ce n’est pas si désagréable de vieillir si l’on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c’est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
Je suis de culture française, mais mes grands-parents ne parlaient pas le français, mais l'arabe populaire, qui ne s'écrit pas. J'aime cet idiome judéo-arabe-tunisien et j'y suis attachée, j'utilise toujours certaines expressions, qui mettent un peu de soleil dans cette vie parisienne.
Beaucoup de grands-parents d'aujourd'hui ne ressemblent pas à ceux d'autrefois. Ils se sentent jeunes encore. Même s'ils continuent à travailler, ce qui est mon cas, ils ont un peu plus de temps libre que lorsqu'ils élevaient leurs enfants, ils n'ont plus à construire leur carrière.