Ce combat [ Choisir ses maternités ] me coupe des gens que j'aime le plus au monde : mes parents. Je n'ai jamais voulu les accabler, ni leur faire honte.
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Autrefois, pour un procès d’assises, comme celui de Bobigny, je pouvais travailler une nuit entière sur un dossier, me doucher, prendre un café et aller plaider. Aujourd’hui, je ne pourrais pas aller au-delà d’une heure du matin. Mais c’est assez minime.
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J’avais en moi une rage, une force sauvage, je voulais me sauver.
Grands-parents, on jouit d'une sorte d'irresponsabilité. On a les enfants en week-end, pendant les vacances, on n'a pas à régler la question de l'école. On est dans une sorte de bien-être. On a une relation plus libre et plus gaie avec eux. Les parents sont prisonniers du quotidien.
On ne parle pas de la même manière à ses petits-enfants qu'à ses enfants. On a plus de fantaisie. Pour moi, avoir eu une petite-fille fut un moment charnière de mon existence. Pas dans une perspective de transmission. Je n'avais pas de leçon à donner.
Quand on a ce minimum de philosophie qui est de savoir que la vie a un cours et une fin, on peut envisager la peur de la vieillesse. Moi, je vais avoir 84 ans. La seule crainte, si l'on est en bonne santé, est celle de la faiblesse intellectuelle.
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La seule crainte, si l’on est en bonne santé, est celle de la faiblesse intellectuelle. Or je me sens en pleine capacité. Plus riche même, de l’expérience. Bien sûr, il y a certaines limites. Autrefois, pour un procès d’assises, comme celui de Bobigny, je pouvais travailler une nuit entière sur un dossier, me doucher, prendre un café et aller plaider. Aujourd’hui, je ne pourrais pas aller au-delà d’une heure du matin. Mais c’est assez minime. Ce n’est pas si désagréable de vieillir si l’on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c’est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
La seule crainte, si l’on est en bonne santé, est celle de la faiblesse intellectuelle. Or je me sens en pleine capacité. Plus riche même, de l’expérience.
Ce n’est pas si désagréable de vieillir si l’on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c’est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
Je suis de culture française, mais mes grands-parents ne parlaient pas le français, mais l'arabe populaire, qui ne s'écrit pas. J'aime cet idiome judéo-arabe-tunisien et j'y suis attachée, j'utilise toujours certaines expressions, qui mettent un peu de soleil dans cette vie parisienne.
Beaucoup de grands-parents d'aujourd'hui ne ressemblent pas à ceux d'autrefois. Ils se sentent jeunes encore. Même s'ils continuent à travailler, ce qui est mon cas, ils ont un peu plus de temps libre que lorsqu'ils élevaient leurs enfants, ils n'ont plus à construire leur carrière.