Qui pourrait affirmer que nos sociétés sont désormais égalitaires ? Que la question est réglée, que les femmes jouissent d’un statut équivalant à celui des hommes, qu’elles ne sont pas sous-sujets, sous-citoyennes, sous-représentées dans les instances décisionnelles ? Avez-vous vu les photos de la table des négociations sur les retraites à Matignon ? Ou celles des discussions de paix sur la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan ? Des hommes, des hommes, des hommes. En 2020. C’est consternant.

À lire aussi de Gisèle Halimi

J’avais en moi une rage, une force sauvage, je voulais me sauver.
Ce combat [ Choisir ses maternités ] me coupe des gens que j'aime le plus au monde : mes parents. Je n'ai jamais voulu les accabler, ni leur faire honte.
Une femme indépendante économiquement peut se réaliser dans des tas de domaines, y compris en amour d'ailleurs.
Je crois que les êtres très profondément aimés réfléchissent une part de l'amour qu'ils inspirent. Choisis, élus, ils se sentent uniques. Le boomerang de l'amour, en quelque sorte.
En 1971, je signai le Manifeste des 343 pour l’avortement, aux côtés de femmes célèbres, symboles pour le monde de la beauté, de l’intelligence, de la culture françaises. Catherine Deneuve, Delphine Seyrig, Françoise Fabian, comme Marguerite Duras, Françoise Sagan et, naturellement, Simone de Beauvoir n’hésitèrent pas à descendre dans l’arène pour la cause des femmes. Nous dénoncions le scandale de l’avortement clandestin, le scandale de la répression de classe, le scandale du silence.
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Organisez-vous, mobilisez-vous, soyez solidaires.
J’attends que [les femmes] fassent la révolution. Je n’arrive pas à comprendre, en fait, qu’elle n’ait pas déjà eu lieu. Des colères se sont exprimées, des révoltes ont éclaté çà et là, suivies d’avancées pour les droits des femmes. Mais nous sommes encore si loin du compte. Il nous faut une révolution des mœurs, des esprits, des mentalités. Un changement radical dans les rapports humains, fondés depuis des millénaires sur le patriarcat : domination des hommes, soumission des femmes. Car ce système n’est plus acceptable. Il est même devenu grotesque. Pendant longtemps, la soi-disant incompétence des femmes a servi à justifier leur exclusion des lieux de pouvoir et de responsabilité. Forcément, une femme instruite étant réputée dangereuse, on s’arrangeait pour les priver d’instruction ou d’accès aux meilleures écoles.
Notre numéro de Sécurité sociale commence par le chiffre 2. Celui des hommes par le chiffre 1. Ce n’est évidemment pas un hasard. Nous restons reléguées au second rang, inessentielles derrière les essentiels.
Cela reste une malédiction de naître fille dans la plupart des pays du monde, à tout le moins un manque de chance, et ce constat m’est douloureux.