La poésie est la fille infirme du ciel, la silencieuse défaite du monde et de sa science.

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La religion c'est ce qui relie et rien n'est plus religieux que la haine: elle rassemble les hommes en foule sous la puissance d'une idée ou d'un nom quand l'amour les délivre un à un par la faiblesse d'un visage ou d'une voix.
L'enfance est ce que le monde abandonne pour continuer d'être monde.
Ce sourire, au début, personne pour le voir. Que deviennent les choses que personne ne voit ? Elles grandissent. Tout ce qui grandit, grandit dans l'invisible et prend, avec le temps, de plus en plus de force, de plus en plus de place.
Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles.
L'âme métallique du Creusot déchire tous les beaux habits qu'on veut lui faire porter. Plongé dans l'atmosphère de cette ville, le cristal devient aussi pesant que l'acier.
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Dans la même œuvre

Il n'y a pas de plus grande joie que de connaître quelqu'un qui voit le même monde que nous. C'est apprendre que l'on n'était pas fou.
Aucun lien ne demeure immobile, pas même celui que nous nouons avec les morts.
Bien avant d'être une manière d'écrire, la poésie est une façon d'orienter sa vie, de la tourner vers le soleil levant de l'invisible.
Le néant et l'amour sont de la même race terrible. Notre âme est le lieu de leur empoignade indécise.
Rencontrer quelqu'un, le rencontrer vraiment - et non simplement bavarder comme si personne ne devait mourir un jour -, est une chose infiniment rare. La substance inaltérable de l'amour est l'intelligence partagée de la vie.