La maturité de l'homme est d'avoir retrouvé le sérieux qu'on avait au jeu quand on était enfant.

À lire aussi de Alain Raymond, dit Alain Damasio

C'est un cercle vicieux. Plus nos rapports au monde sont interfacés, plus nos corps sont des îlots dans un océan de données et plus nos esprits éprouvent, inconsciemment, cette coupure, qu'ils tentent de compenser. Et ils compensent en se reliant à des objets, en touchant et parlant à des dispositifs qui nous rassurent - et nous distancent en même temps. Un réseau social est un tissu de solitudes reliées. Pas une communauté.
Une Intelligence Avenante logée comme une araignée au fond d'une base de données pense à eux, amoureusement, à chaque instant. Elle accueille sans se lasser, le plus infime, le plus intime, le plus insignifiant de leur comportement, l'interprète comme un désir secret, pour un jour pouvoir y répondre, au bon endroit et au bon moment. Les experts ricains appellent ça l'Ad libitum. Quelqu'un connaît leurs goûts, devine leurs désirs, quelqu'un anticipe leurs besoins. Bonheur ! Vive le MOA ! My Own Assistant !
On ne peut plus faire un pas sans être tracé.
Ma pensée naît des rejets d'un océan de conneries. Je l'épands et j'en fais mon engrais. Un peu comme le varech sur une plage. Philosopher, c'est nuire à la bêtise.
Je comprends que la fuite, la liberté pure, l'invisibilité qui surgirait au cœur du panoptique, soient les fantasmes les plus puissants que notre société carcélibérale puisse produire comme antidote pour nos imaginaires.
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Dans la même œuvre

Le hasard est un allié aussi fugitif que mortel. Il te tue avec la même facilité qu'il te sauve.
Moins que d'autres, je ne savais si le but de notre vie avait un sens. Mais je savais, plus que quiconque, qu'elle avait une valeur.
Si tu es absolument certain de mourir en continuant, tu n'es pas un héros, tu n'es qu'un abruti qui se suicide pour la gloire. La fausse gloire.
La folie n'est plus folle, dès qu'elle est collective.
L'autoursier : Vole donc - les faucons sont les rois mais les princes volent au pas à travers les taillis et le fouillis de nos quêtes de soi.